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mercredi 21 décembre 2016

L'AZILE LE PLUS SÛR - ETAGE 13 PORTE 14 - La Danse des Tonneaux Brisés

La fin d'année approchant à grands pas, nous aussi à l'Azile on s'est dit qu'il fallait enfin vous apporter la bonne nouvelle et ce, et comme de juste, à grand renfort d'enfumage, de bâtons de pluie, et de mantras positifs démultipliés par la magie du podcast s'il vous plait, sans omettre bien sûr les bonux de cette version deluxe pour mieux faire durer le plaisir et finir en apothéose.

Le nouveau combo qui réunit Thalia Zedek, Jason Sanford de Neptune & Gavin McCarthy est tellement effervescent qu'il s'est tout bonnement fait appeler "E", et il manquerait plus que E se présente également à la présidentielle pour couronner le tout. Initié à l'orée des années 2000, le Scorch Trio n'a rien perdu de sa superbe, même s'il s'est depuis délocalisé aux States et amputé d'un membre pour s'en adjoindre finalement un quatrième, pour toujours plus de fire music. Le duo Roji entre Gonçalo Almeida & Jörg A. Schneider témoigne de cette belle vitalité de la nouvelle scène européenne impro-free qui navigue entre le Portugal, l'Allemagne, l'Angleterre et les Pays-Bas, et comme Colin Webster s'époumone avec eux, on ne peut que se jeter dessus les yeux fermés ! Otomo Yoshihide se fait un chouia plus avare en nouvelles galettes ces derniers temps, mais on vous a quand même retrouvé sa trace sur un chouette live à Tokyo publié au printemps dernier.

En cette fin d'année, on est ultra ravis du grand retour de Rashad Becker, et ses glissandi synthétiques cousus main sont toujours aussi magistralement divins. Eli Keszler enchante également les cœurs des petits et des grands avec son nouveau solo, d'une intensité frénétique proprement abyssale. La légende des musiques concrètes outre-Atlantique Tod Dockstader, illustrateur légendaire pour Tom & Jerry ou Mr. Magoo, complète le tableau avec des pièces enregistrées de son vivant, mais jamais éditées jusqu'ici. Le projet Fenêtre Ovale d'Eve Risser, Joris Rühl & Karl Naëgelen réinvente les stratégies obliques de l'impro par le trou de la serrure, et on est plus que ravis de réentendre le lithophone de Thomas Gouband sur le tome 2. Jean-Luc Guionnet est tout aussi pertinent au sax que sur lutherie organique, et aussi royal sur disque qu'en live. L'Ensemble Phoenix de Bâle n'en est pas à son galop d'essai dans l'interprétation contemporaine des fralés des musiques expé, et cette rencontre avec Jérôme Noetinger de Metamkine n'en est que plus haute en couleurs, d'autant qu'on y retrouve les frangins Buess de l'ancien combo 16-17. Tod Dockstader referme le cortège avec un revenez-y de ses compos électroacoustiques des années 60.

Pour avoir l'abricot en folie après le solo de mandoline, pressez sans bourse délier l'Azile





dimanche 11 décembre 2016

L'AZILE LE PLUS SÛR - ETAGE 13 PORTE 13 - Minute Papillon

Ca y est ! On arrive presque en décembre. Traditionnellement, plein de gens vont, dès ce week-end, décorer le sapin de noël de guirlandes, de boules, et d'illuminations de toutes les couleurs de la vie pour la plus grande joie des enfants.

Ce que les gens ignorent c'est qu'aujourd'hui, leurs enfants en ont marre d'entendre à ce moment, Tino Rossi ou bien les arrivistes qui se sont succédé depuis quarante ans avec leurs disques de noël. Les enfants veulent entendre Pierre Henry, Dominique Grimaud, Kraftwerk, Bérurier Noir, Faust, Karlheinz Stockhausen, Didier Super ou Ludwig von 88.

Les plus mélomanes d'entre eux ne rechignent pas à écouter un Jean-Claude Risset ou un Pauline Oliveros pour leur rendre hommage. Ils sont, bien sûr, tous les deux au programme de ce XIIIème épisode. Alors, chers parents, entendez les volontés de vos enfants et décorez le sapin en mettant l'Azile de la semaine. Vous verrez que cette livraison hebdomadaire de curiosités automnales nous conduit cette fois de Portland à Héraklion, avec quelques circonvolutions excentriques autour de San Francisco dans les années 60, ce qui ne peut pas nuire, me direz-vous.

Jungle Nausea, side-project de Smegma, combinait post & art punk assez allègrement vers 1982-84, avec force instruments-maison et noise bondissante. Die Krupps met les petits plats dans les grands chaudrons de la Ruhr, pour une fondue revival de sa "Stahlwerksinfonie" en compagnie des gens de Faust, Pyrolator et Mani Neumeier de Guru Guru, et une pointe d'Einstürzende Neubauten pour relever le potage. Le 45 tours de Paul H. Williams est un genre d'OSNI enregistré dans une chambre de bonne sur cassette en 81, à classer entre The Normal & Throbbing Gristle, et inspiré comme de juste par la SF post-apocalyptique de sir J.G. Ballard. Le nouvel opus du combo islandais Amiina prend un air sombre de musique nouvelle à la Teho Teardo pour illustrer le Fantômas de la Belle Époque.

Après son décoiffant "Haircut", TOC est de retour cette fois avec une fanfare apocalyptique lilloise The Compulsive Brass, dans laquelle on retrouve quelques têtes bien connues. Après Intersystems dont on vous avait abondamment causé l'an dernier, Syrinx, l'autre projet du pionnier du Moog canadien John Mills-Cockell, refait surface avec une intégrale doublée d'inédits. Eli Keszler, le virtuose des crotales et des fourmillements sur caisse claire combinés à de l'électronique en miroir, s'est fendu d'un solo bien fractal  dont il a le secret. Dark Entries, le label de San Francisco, continue de nous alimenter en bizarreries de la fin 70-début 80, et cette fois Λένα Πλάτωνος ou Lena Platonos, la diva des musiques électroniques grecques, un genre de croisement entre Laurie Anderson, Björk et Bob Ashley, et une seconde réédition de ses frasques avant sa retraite anticipée à l'HP.

Feu Pauline Oliveros ne faisait pas qu'animer des bœufs impro avec son accordéon musette en intonation juste et tout le gratin des musiques expé depuis plus de 50 ans, elle a aussi laissé son empreinte comme l'une des pionnières des musiques électroacoustiques minimalistes les plus sauvages, et c'est pourquoi on lui rend un hommage appuyé avec un classique de derrière les fagots enregistré comme de juste au Tape Music Center dans les années 60. Hasard de l'actu, Jean-Claude Risset, le pionner de la synthèse sonore sur ordi, lui aussi a décidé de faire voile vers le soleil, dans une trajectoire qui l'aura conduit des laboratoires Bell jusqu'à aller s'enterrer sous Beaubourg. On se termine sur une note un chouia plus guillerette avec du bon free lusitanien, et le Motion Trio de Rodrigo Amado, remonté comme un coucou prêt à pondre chez vous, sans compter les substantifiques bonux pour rassasier tout le monde avant le prochain épisode.

Avec la réverbération azilaire, évitez que l'air qui vous trotte derrière la tête ne vous descende dans le derrière




dimanche 4 décembre 2016

L'AZILE LE PLUS SÛR - ETAGE 13 PORTE 12 - Et tant d'autres choses encore

En voyage officieux en Azile, Donald Trump, a dû faire rapidement face à sa notoriété et s'est aperçu qu'il n'était pas possible de rester incognito bien longtemps.

Du coup, il a enfilé sa tenue de camouflage préférée. Celle qui lui sert habituellement à frapper les pauvres dans les rues sans se faire identifier, tel un super héro actuel.

Une énième bonne idée du prochain Président of the United States of America. D'ailleurs, Monsieur Trump partage beaucoup d'idées avec nous, à l'Azile. A tel point que lui et notre président vont échanger leurs idées afin de développer un programme mondial sur le respect d'un plus grand mépris des pauvres et des étrangers pour un monde meilleur.

En attendant, vous pouvez écouter en toute quiétude ce XIIème volet de cette XIIIème saison de l'Azile le + sûr. Sa publication sur le blog a mis du temps à venir. Temps normal du deuil de Jean-François Copé. Regrets éternels. Salut, l'artiste !

Au programme, et pour faire court et archi-efficace : le nouveau Spaceheads se télescope avec le Renaldo & The Loaf tout nouveau au goût de banane qu'on n'attendait plus, pour une spéciale dédicace au Fab'. Le crooner tellurique Tazartouille rencontre deux nouveaux potes polonais, et ils se racontent des histoires abominables à cracher dehors. On observe une minute de bruit blanc à la mémoire du big boss de Musique Action, Dominique Répécaud, activiste indéfectible des musiques de traverse internationales qui nous a tiré sa dernière révérence.

Léonore Boulanger nous inquiète de plus en plus, car plus rien ne l'arrête. Outre, son nouvel opus déjà très chamarré avec ses camarades de jeu habituels, elle chante maintenant le perse à merveille aux côtés de Maam-Li Merati chez les belges d'Okraïna. Delphine Dora est tout aussi boulimique qu'inarrêtable, bien qu'un poil plus gothique. In-Poly-Sons fête à sa manière l'élection américaine, sur un work-in-progress qui va les mener on ne sait où, surtout avec les pistons bientôt sur cylindres du père Bastien. Mai Mai Mai aime beaucoup les ruines antiques et la polenta bien relevée, à l'image du nouvel opus chez Boring Machines.

Ce qu'il y a de chouette avec les disques, c'est qu'on peut participer à des concerts sans se déplacer, par exemple au fameux Cafe Oto de Londres avec miss Okkyung Lee & Christian Marclay, qui eux y étaient forcément le 25 Avril 2014 à 21h30, je m'en souviens d'ailleurs comme si c'était hier. A l'enregistrement d'Hastings Of Malawi, ce side-project du proto-Nurse With Wound aussi on y était, surtout qu'à l'époque on écoutait plutôt en boucle "Just Can't Get Enough" et "les Lacs du Connemara", du coup on est fort ravis de cette juste remise à l'heure des pendules et de cette salutaire réédition Sub Rosa. Enfin Sébastien Roux s'acoquine aux brocolis pour une cover du Xème quatuor de Ludwig van Beethoven, que Pierre Henry lui-même n'aurait pas osée. Et comme de juste, la maison régale avec ses restachou bonuxiens, dans le cadre de notre politique anti-gaspi.

Avec l'Azile, goûtez au prix du silence et de la folie qui se danse




                                   DONALD TRUMP EN TENUE DE CAMOUFLAGE 

mercredi 23 novembre 2016

L'AZILE LE PLUS SÛR - ETAGE 13 PORTE 11 - Blindage Caractériel

Depuis cette semaine, une nouvelle recrue a rejoint l'Azile. Il s'agit de la célèbre chargée de communication russe Briga Bogdanova. On l'a engagée pour s'occuper de la campagne de notre petit protégé, Emmanuel Moncon, pour l'élection à la présidentielle de l'Azile l'an prochain.

Cela n'a pas été évident de la convaincre car elle n'a pas l'habitude de s'occuper de mauviettes au charisme d'agent administratif. Mais finalement, à force de zéros sur le chèque, nous y sommes parvenus.

Elle a déjà revu son programme de A à Z et je peux vous dire que l'on pourra confondre Emmanuel Moncon avec le Père Noël. Sans trop dévoiler les petits secrets de campagne, je peux vous annoncer qu'il se pourrait qu'il nous propose le retour du Crous mag ! Je sais ça semble incroyable, tellement cela donne l'impression de vivre un rêve éveillé. Mais voila la  première mesure que Monsieur Moncon proposera.

Briga Bogdanova s'occupe également de son slogan de campagne mais pour l'instant chuuuuuuutttt ! Laissons-les travailler ensemble tout en écoutant l'Azile de la semaine qui, grâce au spectaculaire décalage spatio-temporel de sa mise en ligne, a été missionné pour graver une bande sonore rafraichissante afin d'accompagner le voyage des 6 astronautes compressés dans les 2,5 mètres de leur capsule Soyouz, jusqu'à l'amarrage à la station spatiale après 30 tours complets du propriétaire. Car oui, l'Azile résonne dans les coeurs depuis les steppes du Kazakhstan jusqu'au Cosmos, et on est émus jusqu'aux larmes à la pensée de ces cerveaux téméraires habités par toutes ces musiques qui les portent.

Le trio Ava Mendoza, Maxime Petit et Will Guthrie fricote ensemble depuis quelques deux-trois ans, mais n'avait pas pris le temps d'en informer les autorités tabloïdiques, chose avouée est à moitié réparée... Autre ménage à trois, la danoise la plus excitante du moment : Mette Rasmussen s'est entichée elle de Chris Corsano avec qui elle a abondamment tourné ces deux dernières années, et ils sont rejoints par l'autre partenaire régulier de Corsano : Paul Flaherty, le gars qui souffle comme un dératé dans sa tuyauterie depuis plus de 40 ans sans jamais s'y prendre la barbichette. La semaine dernière, nous vous parlions du jeune combo Boujeloud, depuis nous sommes ravis d'annoncer qu'ils ont gagné un Music Award danois dans la prestigieuse catégorie "Årets Danske Særudgivelse", comme quoi l'Azile a bien été entendu. La Country Music de Tilth ne passera jamais chez Georges Lang, et c'est fort dommage car leur post-rock racé y aurait fait merveille pour les sans-sommeils.

Le premier septennat de Pink Floyd fut tout aussi passionnant qu'équilibré entre pop psychédélique et expérimentations, et le nouveau coffret fleuve "Early Years 1965-1972" permet de remettre les pendules à l'heure et de découvrir tout un pan d'inédits, chûtes, live rares etc., agrémentés de l'iconographie nécessaire, sans compter les indispensables images stroboscopiques d'époque. Le duo Body/Head de l'ex-Sonic Youth Kim Gordon avec l'immense Bill Nace sait faire ronfler les amplis fender comme on aime, autant que Phil Todd d'Ashtray Navigations sait manier le drone psyché avec maestria mais sans allusion mal placée à Fillon. La diva stambouliote Gaye Su Akyol excelle dans le registre psyché country-western oriental, avec sa voix à faire fondre les météorites. Friends & Neighbors distille un genre de free jazz mélodique d'influence Colemano-Sheppo-Pharoah Sandersienne, et une fois de plus, c'est une émanation éruptive en direct du maelström d'Oslo. La bay area de San Francisco se défend pas mal non plus dans le registre, avec trois nouveaux improvisateurs réunis autour du vétéran de Chicago Frank Rosaly, et c'est un coup de maître de l'indispensable marque de Vilnius NoBusiness. Trance Map d'Evan Parker & Matt Wright c'est une vieille histoire, et ça fait plaisir de les réentendre avec du sable entre les orteils, et pas mal d'autres énergumènes échoués sur la plage ensoleillée de Ramsgate dans le Kent, sur cette archive du Contra Pop Festival 2015. Le délicat Overtone Ensemble fait chanter les bols, et à l'instar de l'ami Ricoré il arrive toujours au bon moment, comme la séquence bonux tant attendue par les plus goulu(s) d'entre vous.

Pour dompter le courage tranquille de la volonté et atteindre la force de la vérité avec le niveau de conscience du système nerveux en plein vol yogique, adoptez le parti de l'Azile




BRIGA BOGDANOVA


mercredi 16 novembre 2016

L'AZILE LE PLUS SÛR - ETAGE 13 PORTE 10 - La Vérité dévoilée

Chaque semaine on lève le voile sur l'Azile avec un peu plus de retard sur le programme suivant, parce que l'Azile se doit de mûrir dans nos têtes malades, pour mieux se graver dans le marbre et infuser encore plus dans vos coeurs.

Boujeloud par exemple, ce tout jeune combo de Copenhague, on aurait pu passer à côté que la face de l'Azile en aurait été franchement bouleversée, et que ça en aurait fort dommage, surtout avec un tel power-freak-funk en mode XXL. La rencontre entre le vétéran des musiques minimale répétitives Rhys Chatham & Oneida n'est pas piquée des gaufrettes non plus, surtout au niveau de l'irrésistible double couche fraise vs. fraise des bois.

Feu Jean-Jacques Perrey aurait pu devenir toubib à Brétigny-sur-Orge, mais la thérapie de l'électronique populaire était chevillée à son corps, et il nous aura bien inoculé le virus pendant un demi-siècle tranquillement l'air de rien, que ce soit sur son ondioline, avec le ventriloque Jacques Courtois, le Commandant Cousteau, ou son alter-ego d'outre-atlantique Gershon Kingsley. Muni de huit walkmans Sony et de contrôleurs bricolés, l'ex-guitariste de blues A​.​K​.​Klosowski arpentait des chemins tout aussi sinueux vers 1982-1984. Le Tomutonttu nouveau est également chamarré, même si un tantinet plus chargé en brames de cerfs de Laponie.

Les explorations ethnotroniques d'Andrew Pekler évoqueraient presque les excursions au coupe-coupe de Roger Roger avec Nino Nardini, alors que celles des années 70 du pionnier bricolo britannique Malcolm Pointon, qui sont une vraie découverte, franchement pas du tout. Le nouveau florilège de pièces des années 70-80 de Carl Stone fout bien la tête dans un sac aussi, recyclé comme de juste.

Le guitariste du Pays du Bonheur National Brut Tashi Dorji en compagnie du percubateleur Tyler Damon se prendrait presque pour Thurston Moore, et cette nouvelle corde sensible à son arc n'est pas pour nous déplaire. Les deux ensembles réunis pour l'occasion Muzzix & Dedalus nous rejouent le cycle des 25 madrigaux, les hymnes hippies pré-écolo de Moondog, mais c'est pas pour fêter la victoire de Yannick Jadot. "Ooga Booga Bongo" nous affirment les californiens de Lucky Dragon, et c'est difficile de réfréner un tel enthousiasme. Mais la palme de l'archive sans une ride revient sans conteste au label Intakt, avec un live époustouflant de Don Cherry, John Tchicai, Irène Schweizer, Léon Francioli & Pierre Favre à Willisau du 30 août 1980 comme si vous y étiez. Et comme l'Azile baladodiffusable n'est point chiche en grains, notre marchand de sable bonux vous en a remis une louche, pour mieux prolonger l'hypnose extatique jusqu'au prochain épisode.

Pour emballer la vendeuse du rayon disques de Prisunic, choisissez l'Azile


PARFOIS, IL FAUT ETRE PATIENT AFIN DE PROFITER DU PODCAST DE L'AZILE



mardi 8 novembre 2016

L'AZILE LE PLUS SÛR - ETAGE 13 PORTE 09 - J'irai Boiler dans les Hurles

Cette année Halloween tombant pile-poil chez nous un lundi, l'occasion était trop belle de sortir l'artillerie lourde, et comme en plus on fêtait les 90 ans d'anniversaire de naissance de Colette Magny, on s'est dit qu'une telle conjonction des astres n'arriverait pas deux fois de sitôt, et qu'il fallait donc de toute urgence en profiter.

On teste à haut volume les effets psychoacoustiques dévastateurs de Kassie Carlson de Guerrila Toss, parce si les brooklynois ne veulent décidément pas venir au pays de la galette-saucisse, il n'y a pas de raison qu'on n'en parle pas quand même ici. Radian non plus d'ailleurs, puisqu'eux ont plutôt pris l'habitude de jouer plutôt en charentaises dans leurs vertes contrées autrichiennes, quoique non, finalement. Les Massicot viennent souvent ailleurs comme ici, mais cette fois plutôt en mode Hyperculte, ce qui n'est pas pour nous déplaire non plus, mais on se rattrape en tout cas avec leur dernier maxi. Gabriel Hibert fait dans le gothique flamboyeusement léché, et on dirait presque le rejeton indigne de Charles Hayward - période Camberwell Now.

Oren Ambarchi pratique depuis longtemps le malaxage de cerveau, tout en parlant au clubber qui sommeille en vous avec ses ondes sinus, ce qui n'est pas vraiment le cas des viennoiseries étouffe-chrétien de Jung An Tagen. Hanno Leichtmann & Valerio Tricoli sont faits pour s'entendre, même si leur rencontre pourrait plutôt servir d'accompagnement à une séance de trempette de minuit au lac des morts-vivants.

Prenez une Colette Magny déjà bien vénère en l'an 66, un Marcel Mouloudji suffisamment auréolé de succès pour s'essayer lui-même à la production, et des structures bancales de musiques concrètes du trop méconnu André Almuro, secouez-le tout et vous obtiendrez le disque de spoken words le plus abominable de tous les temps, toujours pas réédité ce qui est littéralement scandaleux. Pour faire bouillir la marmite du studio Apsome, notre increvable Pierre Henry s'essayait à la fin des années 50 à l'illustration de poésie sonore sur microsillon, et la réédition de cette passade un peu verbeuse entre directement en tête du top 10 de l'Azile. Les bataves, c'est bien connu, se transforment en loups affamés lorsqu'ils écoutent du free-jazz à haute dose, et Naked Wolf qui ne déroge pas à la règle est là pour nous le rappeler. Luminance Ratio éclaircit quelques malentendus, même si l'on risque fort de se brûler quand on s'approche trop de l'ampoule, comme disait la bonne tante Germaine qu'on n'a pas connue lors de l'électrification des campagnes. Mais l'on s'égare, ce qui n'est certainement pas le cas de la séquence bonux, qui permet de revisionner ad vitam le best de vos pires cauchemars radiofaunesques.

Pour combler vos plaies béantes et les vers qui vont avec, choisissez le programme tout frais purulent de l'Azile


HALLOWEEN
 

mardi 1 novembre 2016

L'AZILE LE PLUS SÛR - ETAGE 13 PORTE 08 - Marmelade Inpolysonne

Cette semaine lundi en huit d'avant, comme c'est les vacances, c'est la megaouatoeuf dans l'Azile le + Sûr. On a roulé les tapis et sorti nos boîtes à meuh pour accueillir Denis Tagubu, l'homme qui murmure à l'oreille de l'hémiptère nord-gauche, et qui se cache derrière les activités pas toujours trait net du label In-Poly-Sons. Il fallait bien ça en effet pour commémorer cet évènement planétaire gigantibus s'il en fusse : le 1er concert hors de sa douche depuis pas loin de 31 printemps du TOUPIDEK LIMONADE, qui déballe son barnum pour un florilège de son cru en compagnie de Klimperei & de Grimo, SAMEDI 5 NOVEMBRE au caf'conc' LE PANAMA, sis précisément dans le bourg brétillien au 28 de la rue Bigot de Préameneu, les bigots ayant toujours vocation à être proches de leur noeuds.

On remonte le fil du temps, et on bat la campagne sur les traces de ce duo puis trio de plumitifs aux textes fort alcides, tout d'abord en Lotharyngite avec Hellebore, puis s'en suivront moult escapades et escalades du côté de l'Himalayaa à grand renfort de liqueur de mirabelles, et l'enregistrement d'une palanquée et demie de chansons tout aussi bancales qu'impopulaires depuis 1985. Après quelques concerts à leurs débuts, marqués par la syncope de Johnny cette même année, les Toupidek ont préféré renoncer d'office aux 200 heures de scène, et se contenter de cultiver leur petit lopin de banquise sans galoper, dans un genre d'immobilité sérieuse, à l'image de leurs affûtés alter égoïnesques Look De Bouk. C'est d'ailleurs pourquoi ce concert du 05/11/16 à 20h30 pétantes a ceci de particulier que même le calendrier maya ou l'almanach Vermot n'auraient pu prédire que les Limonades allaient finir par fendre la glace de la sorte, et remporter la palme du come-back qu'on n'attendait plus.

S'agissant de KLIMPEREI, hyperactif lui aussi depuis l'an 85, le klingklanguesque projet de Christophe Petchanatz ne s'ass'agite pas plus sur scène, d'autant qu'il officie régulièrement aux côtés de la douce Madame Patate, autre valeur sûre d'In-Poly-Sons, et plus récemment de Sacha Czerwone, tout cela ne l'empêchant pas d'enregistrer à qui mieux-mieux en faux-soli ou vrais duos, et avec de vieilles connaissances. Pour coroller tout ça, le satrape Tagu lève le voile sur un nouveau disque longue durée de tagubuesques chansons pop désarrangées par Klimperei lui-même, dont il nous fait profiter de la primeur, avant la mise sous presse et la sortie des tubercules.

On ne présente plus Il Maestro GRIMO, auteur de l'increvable générique de l'émission, ni Véronique Vilhet membre émérite des regrettés Johnny Be Crotte, leur "AAHH!!" en duo ayant tourné en boucle tout l'hiver dernier sur les platines azilaires. Denis nous gratifie généreusement d'un extrait escluxif du test pressing du protéineux concept-album "Îles", plus doré-croustillant que le Pop Corn par Antoine. Pour être au complet sans finir aux pièces, on parachève cette spéciale avec l'implacable mécanique inpolysonne, et un bout de ficelle du sonorama d'Alain DeFilippis, ainsi qu'une comptine à l'envers de l'inénarrable Pierre Bastien, dont les machines s'exposent ces jours-ci-même dans le bourg. Et comme l'on a été fort sages, on se termine en apothéose avec un véritable feu d'artifice de perles bonux tout droit échappées de la boîte à malice toupidekoise z'et inpolysonne.