Pour ce nouveau numéro, on nage encore une fois en pleine
science-fiction, ce qui ne nous empêche pas de continuer de battre
mordicus la campagne contre vents solaires et marées montantes lunaires,
parce qu'il est de Notre Devoir de convaincre le Peuple de l'Azile.
Le nouvel Arto Lindsay
s'inscrit peu ou prou dans la lignée des Mundo Civilizado et autres
Noon Chill : de la bossa trafiquée à base de textures électroniques et
d'hypnogrooves, ce qui est plutôt rassurant par les temps qui courent.
Autre "valeur sûre", Little Annie Bandez ou Annie Anxiety covoiturait début 80 avec les gens de Crass, et la marque américaine Dais,
spécialisée dans les joyeusetés rétro post-punks industrielles, s'est
entichée de nous faire redécouvrir cet attelage. Quand c'est Cummi Flu, c'est qu'y a un loop... Fini son glorieux Temps X, le belge s'essaye cette fois à la génération Y, et toujours avec son pote danois Raz Ohara. Aussi curieux que l'Étrange Monsieur Duvallier, monsieuRdurand réapparaît en face B d'un petit disque noir sur la grande firme perpignanaise Cougouyou Music.
En 1971, en pleine région lombarde, Il Signor Sciascia, boss du label de librairie sonore Vedette,
s'essayait à l'art de la fugue distordue sur le scintillant VCS3 -
Synthi A, et le moins qu'on puisse dire, pour rendre à César ce qui
appartient à Armando, c'est que le soufflet des oscillateurs n'est
toujours pas redescendu. Le proliférant batave Rutger Zuydervelt
s'est lancé dans la conquête spatiale dans son salon avec, une fois
n'est pas coutume, une authentique musique d'illustration de jeu vidéo.
Au Havre, le martien de service Jacques Brodier pratique au fond de son garage l'art de la "Table de Situation Luminique Autoréférentielle", communément appelée le "Filtre de Réalité",
appareillage plus efficace qu'un détecteur de mensonges sarthois à la
Maison Blanche. Le Muxama c'est du thon séché pour l'apéro au Portugal,
mais à vrai dire on ne voit pas trop le rapport avec le tout dernier Norberto Lobo, si ce n'est que lui aussi est portugais... L'indispensable étiquette brusselloise Okraina nous présente quelques histoires bien tordues du méconnu poète du Massachusetts David Greenberger
en compagnie de Glenn Jones & Chris Corsano, et ça envoie du steak
plus consistant que de la rillette de crabe. Le même Corsano se démène
comme un beau diable aux côtés du somptueux pianiste ravageur irlandais Paul G. Smyth,
tandis que John Dikeman de feu Cactus Truck croise le fer de ses tuyaux
chauffés à blanc avec la triade hispanico-lusitanienne au Centro Jazz
Clube de Coïmbre. On ferme le ban avec la séance d'ultimes bonux, pour
aller jusqu'au bout toujours plus loin toujours plus fort.
Pour vous vacciner contre les morsures des serpents de mer, réchauffez vos couleuvres dans le sein de l'Azile
m
lundi 20 février 2017
lundi 6 février 2017
L'AZILE LE PLUS SÛR - ETAGE 13 PORTE 18 - Il Faut De tout Pour Faire un Monstre
Et oui, c'est bien vrai que votre Azile hebdomadaire est tout aussi
peuplé que mal fréquenté, ce que la bande que vous tenez maladroitement
entre vos mains moites et fébriles va tenter de vous prouver derechef.
L'Anarchist Republic Of Bzzz de Seb el Zin d'Ithak est bien plus qu'un super-groupe, c'est un méga super-groupe à écouter en boucle ! Le lundi c'est bien connu, c'est... c'est... Ravioli Me Away, un combo post-punk avec des nénettes so british qui déchirent. Free Salamander Exhibit, le nouveau combo d'Oakland des ex-Sleepytime Gorilla Museum, a des relents de Thinking Plague mâtinés de décompositions zapaïenne, avec un zest de metal rougi au psychédélisme de la côte ouest, sur ce 1er opus publié chez Web Of Mimicry, le label de Mr. Trey Bungle Spruance. L'hybridation entre le son du Sahel de Group Doueh et le free rock capillotracté de Cheveu sort des pistes pour mieux trouver ses propres lignes de fuites.
Côté nomadisme, le trio entre Keiji Haino, Jozef Dumoulin & Teun Verbruggen n'est pas en reste, avec un live aussi charpenté qu'éruptif. Blessed Initiative, c'est la tendance fractale de Yair Elazar Glotman alias Ketev, ce qui ne veut absolument rien dire mais on tenait quand même à insister là-dessus. Avec Lord Tang on retourne à Oakland ou plutôt dans le cosmos halluciné de sa deuxième livraison. L'ex-Dark Day Robin Crutchfield a beau se faire très discret, on a réussi à débusquer son dernier disque tout aussi mystérieux que les précédents.
Ce qu'il y a de chouette avec les Italiens, c'est qu'ils sont capables de rééditer tout ce qui dort dans les caves, et quand il s'agit d'un collectif de free-jazz de la botte de la grande époque passé inaperçu, à l'Azile on exulte ! Ce qui est le cas du Gaetano Liguori Collective Orchestra, Ze very big decouverte pas très verte de la semaine. Maninkari, le combo suisse des frères Charlot, en remet une couche dans le psychédélisme lugubre, avec une bande-son pour un court-métrage gothique. Et on repart pour un tour de tourneries avec la série de bonux croisés aux protéines fluorescentes de méduse tant attendue.
L'Anarchist Republic Of Bzzz de Seb el Zin d'Ithak est bien plus qu'un super-groupe, c'est un méga super-groupe à écouter en boucle ! Le lundi c'est bien connu, c'est... c'est... Ravioli Me Away, un combo post-punk avec des nénettes so british qui déchirent. Free Salamander Exhibit, le nouveau combo d'Oakland des ex-Sleepytime Gorilla Museum, a des relents de Thinking Plague mâtinés de décompositions zapaïenne, avec un zest de metal rougi au psychédélisme de la côte ouest, sur ce 1er opus publié chez Web Of Mimicry, le label de Mr. Trey Bungle Spruance. L'hybridation entre le son du Sahel de Group Doueh et le free rock capillotracté de Cheveu sort des pistes pour mieux trouver ses propres lignes de fuites.
Côté nomadisme, le trio entre Keiji Haino, Jozef Dumoulin & Teun Verbruggen n'est pas en reste, avec un live aussi charpenté qu'éruptif. Blessed Initiative, c'est la tendance fractale de Yair Elazar Glotman alias Ketev, ce qui ne veut absolument rien dire mais on tenait quand même à insister là-dessus. Avec Lord Tang on retourne à Oakland ou plutôt dans le cosmos halluciné de sa deuxième livraison. L'ex-Dark Day Robin Crutchfield a beau se faire très discret, on a réussi à débusquer son dernier disque tout aussi mystérieux que les précédents.
Ce qu'il y a de chouette avec les Italiens, c'est qu'ils sont capables de rééditer tout ce qui dort dans les caves, et quand il s'agit d'un collectif de free-jazz de la botte de la grande époque passé inaperçu, à l'Azile on exulte ! Ce qui est le cas du Gaetano Liguori Collective Orchestra, Ze very big decouverte pas très verte de la semaine. Maninkari, le combo suisse des frères Charlot, en remet une couche dans le psychédélisme lugubre, avec une bande-son pour un court-métrage gothique. Et on repart pour un tour de tourneries avec la série de bonux croisés aux protéines fluorescentes de méduse tant attendue.
Plus éloigner les tentacules purulents des Daleks, choisissez la lotion spéciale Azile
dimanche 5 février 2017
L'AZILE LE PLUS SÛR - ETAGE 13 PORTE 17 - Ne Pas Se Fier A Sa Couverture
MMXVII, année de la recette ou de la disette, comme vous préférez !
Comme vous n'alliez tout de même rester à vous languir bêtement tel(le)s Pénélope devant son métier à tisser, après avoir joué la fille de l'air pendant quelques semaines, voici enfin votre émission de variétés de traverse de retour en son bercail capitonné, avec la mise en boîte réglementaire et toutes les précautions d'usage qui s'imposent.
Pour braver l'espace-temps, on redémarre à hue et à dada avec le tube qui monte et qui descend d'Einstürzende Neubauten sur un nouveau pot-pourri bien senti. Le plumitif Dan Melchior continue de nous ravir avec ses solos beefheartiens en diable et son 40ème opus rugissant sous bannière Monofonus, et Richard Youngs est logé à la même enseigne, mais en nettement moins blues.
On avait connu Emmanuel Scarpa aux balais au sein de la nébuleuse Coax, cette fois il vole de ses propres ailes avec le même genre de migration empruntée par le R.I.O. canal historique. Côté essais psycho-acoustiques, la rencontre de Rapoon, projet de l'ex-Zoviet France Robin Storey, et de Pas Musique se pose là, tandis que le dernier Paul Wirkus est bien plutôt d'ailleurs, comme aurait dit l'ufologue Bachelet.
Mieux vaut jeûner avec les aigles de l'Azile que picorer des ailes de poulets devant le super bowl
Comme vous n'alliez tout de même rester à vous languir bêtement tel(le)s Pénélope devant son métier à tisser, après avoir joué la fille de l'air pendant quelques semaines, voici enfin votre émission de variétés de traverse de retour en son bercail capitonné, avec la mise en boîte réglementaire et toutes les précautions d'usage qui s'imposent.
Pour braver l'espace-temps, on redémarre à hue et à dada avec le tube qui monte et qui descend d'Einstürzende Neubauten sur un nouveau pot-pourri bien senti. Le plumitif Dan Melchior continue de nous ravir avec ses solos beefheartiens en diable et son 40ème opus rugissant sous bannière Monofonus, et Richard Youngs est logé à la même enseigne, mais en nettement moins blues.
On avait connu Emmanuel Scarpa aux balais au sein de la nébuleuse Coax, cette fois il vole de ses propres ailes avec le même genre de migration empruntée par le R.I.O. canal historique. Côté essais psycho-acoustiques, la rencontre de Rapoon, projet de l'ex-Zoviet France Robin Storey, et de Pas Musique se pose là, tandis que le dernier Paul Wirkus est bien plutôt d'ailleurs, comme aurait dit l'ufologue Bachelet.
Côté retour gagnant, Roberto Musci
faisait les choux gras des musiques nouvelles avec ses continuums ethno
trippants sur instruments indigènes mutants depuis le milieu des années
80 jusqu'à la fin des années 90, et ça fait donc ultra plaisir de le
voir se raccrocher aux branches de l'actualité avec une anthologie de
derrière les fagots. Le mythique combo d'impro live-elektronische
intuitif Musica Elettronica Viva
renaît également de ses cendres avec une perf' à Victo au Canada pour
fêter les 50 ans du groupe qui est plus qu'une piqûre de rappel des
talents multicolores du grand MEV... On ne connaissait pas le sax Albert Cirera,
mais le découvrir au côté de la section rythmique la plus vibrionnante
du jazz free lusitano-hispanique, et sur de surcroît sur notre étiquette
balte préférée, est un pur délice ! Quant à Sarah Davachi,
ses synthés analogues bien lustrés vous foutent bien la tête dans un
sac, mais sans pour autant l'avachir d'un iota. Et pour en finir jusqu'à
notre prochaine édition, nos bonux aussi fondus que gouleyants
n'attendent plus que vous pour être servis très frais.
Mieux vaut jeûner avec les aigles de l'Azile que picorer des ailes de poulets devant le super bowl
vendredi 6 janvier 2017
L'AZILE LE PLUS SÛR - ETAGE 13 PORTE 16 - Seize pièces pour remplir votre sac à sapin
Le producteur à succès Gérard Bovin lance en ce début janvier une idée géniale comme son génie en trouve de plus en plus souvent.
Désireux de surfer sur le succès du spectacle "Hit parade" qui regroupe les hologrammes de plusieurs chanteurs morts qui nous avaient déjà énervés en leur temps, Gérard cherchait comme il dit "la meilleure idée c'est celle qui coute le moins à produire et qui est populaire". Et il a trouvé.
"Cheap parade" verra le jour en février Rennes au Libertad. Le concept de ce spectacle non-monstrueux est de proposer, et vous l'aurez compris en voyant la photo d'illustration, non pas des hologrammes de chanteurs morts car c'est extrêmement cher, mais des fantômes de chanteurs morts. Il suffit de leur mettre des draps dessus et a fait la blague pour un budget dérisoire. En plus on peut mettre n'importe qui sous les draps, même des socialistes, et personne n y verra rien. C'est super, non ?
Et là...attention !!! Quel plateau ! Regardez la photo ! De gauche à droite vous pouvez reconnaître Michel Delpech, Daniel Balavoine, Guy Béart, Serge Gainsbourg, Alain Bashung, Pierre Bachelet, et enfin, Carlos. De "Madame rêve" "Papayou" en passant par "Loin d'ici" "Les couleurs du temps" et "Les corons". Gérard Bovin vous proposera le spectacle de vos rêves. Un véritable best of de la chanson magique et éternelle.
Un best of qui n'est pas sans rappeler le best of de l'Azile de la semaine d'ailleurs. Eh oui, car comme demain est encore un autre jour, autant vous prévenir tout de suite, le Comité des fêtes du restaurant La Mascotte à l'orée du bois de l'Azile, usant de son droit de régale, a mitonné ce programme très spécial en forme de mixtape gratinée à la soupe à l'oignon, pour ces organes insatiables que l'on nomme les oreilles.
Imaginez la bande-son idéale pour vous aider à évacuer votre conifère d'appartement. Non cette fois vous ne rêverez pas ! Ces 16 titres de pure folie pour MMXVI, ont été sélectionnés majoritairement à partir des charts de l'Azile de ces dernières années, et ce grâce à notre supercalculateur qui brasse l'ensemble des sondages des auditeurs semaine après semaine.
Pour laisser la magie opérer, nous nous abstiendrons donc de tout lien et de tout autre commentaire oiseux. Dont acte !
Désireux de surfer sur le succès du spectacle "Hit parade" qui regroupe les hologrammes de plusieurs chanteurs morts qui nous avaient déjà énervés en leur temps, Gérard cherchait comme il dit "la meilleure idée c'est celle qui coute le moins à produire et qui est populaire". Et il a trouvé.
"Cheap parade" verra le jour en février Rennes au Libertad. Le concept de ce spectacle non-monstrueux est de proposer, et vous l'aurez compris en voyant la photo d'illustration, non pas des hologrammes de chanteurs morts car c'est extrêmement cher, mais des fantômes de chanteurs morts. Il suffit de leur mettre des draps dessus et a fait la blague pour un budget dérisoire. En plus on peut mettre n'importe qui sous les draps, même des socialistes, et personne n y verra rien. C'est super, non ?
Et là...attention !!! Quel plateau ! Regardez la photo ! De gauche à droite vous pouvez reconnaître Michel Delpech, Daniel Balavoine, Guy Béart, Serge Gainsbourg, Alain Bashung, Pierre Bachelet, et enfin, Carlos. De "Madame rêve" "Papayou" en passant par "Loin d'ici" "Les couleurs du temps" et "Les corons". Gérard Bovin vous proposera le spectacle de vos rêves. Un véritable best of de la chanson magique et éternelle.
Un best of qui n'est pas sans rappeler le best of de l'Azile de la semaine d'ailleurs. Eh oui, car comme demain est encore un autre jour, autant vous prévenir tout de suite, le Comité des fêtes du restaurant La Mascotte à l'orée du bois de l'Azile, usant de son droit de régale, a mitonné ce programme très spécial en forme de mixtape gratinée à la soupe à l'oignon, pour ces organes insatiables que l'on nomme les oreilles.
Imaginez la bande-son idéale pour vous aider à évacuer votre conifère d'appartement. Non cette fois vous ne rêverez pas ! Ces 16 titres de pure folie pour MMXVI, ont été sélectionnés majoritairement à partir des charts de l'Azile de ces dernières années, et ce grâce à notre supercalculateur qui brasse l'ensemble des sondages des auditeurs semaine après semaine.
Pour laisser la magie opérer, nous nous abstiendrons donc de tout lien et de tout autre commentaire oiseux. Dont acte !
dimanche 1 janvier 2017
L'AZILE LE PLUS SÛR - ETAGE 13 PORTE 15 - L'Écrevisse marche à reculons
A peine sorti de la soirée du réveillon de la Saint Sylvestre de l'Azile que je me mets à vous poster ce quinzième épisode de la treizième saison. Si c'est pas du courage ça ! En fait, si je m y mets maintenant, c'est que j'ai voulu vous livrer mes impressions à chaud. En effet, cette année est assez spéciale car, une fois n'est pas coutume, le budget de cette soirée n'a pas été financé par les pauvres smicards de l'Azile que l'on menace de licenciement s'ils ne mettent pas la main à la poche, mais par notre nouveau sponsor : Cassegrain
Ce partenariat coulait de source, il faut le dire. Telle une évidence, il s'imposait d'office. Cette dernière soirée de l'année fut l'occasion de goûter la fameuse ratatouille Cassegrain dont les mérites nous parviennent des quatre coins de l'Azile depuis quelques temps.
Comme vous le voyez sur la photo, toute l'équipe de l'émission était réunie pour l'occasion. En bas à gauche, Clarissa-Jeannette, votre standardiste préférée. En bas à droite, vous pouvez voir que j'ai mis mon plus beau pull pour l'occasion. A côté de Clarissa-Jeannette, c'est Herbert-Hubert, le producteur de l'émission qui nous a bien fait rire à nouveau cette année. A côté, c'est sa femme, la pistonnée, Aline-Sandrine, secrétaire de l'émission. Puis leur fils Philibert-Adolphe, stagiaire gratuit, que l'on appelle entre-nous "coca-connard" car il adore la fameuse boisson et qu'il est bête à un point tel qu'on pense qu'il tient de sa mère.
Fabien-Patrick, votre animateur préféré, à la découpe de la viande est toujours le génie que l'on connaît. Sa femme, Sylvia-Berthe, à côté, n'est pas en reste....mais ne mangera que les restes pour continuer à garder la ligne. A côté de moi, l'autre déconneur de l'équipe, Serge-Albert, le réalisateur de l'émission était, lui aussi, accompagné de sa femme, Alice-Françoise, et de son fils idiot, François-Pierre-Jean, stagiaire gratuit sans avenir, lui aussi.
Bien sûr il y avait des petits pois lors de cette soirée Cassegrain, car une soirée sans petits pois Cassegrain, c'est comme un karaoké sans "La maladie d'amour" de Michel Sardou : ça ne peut pas exister. Mais la vraie star de cette soirée était la ratatouille cuisinée à la provençale à l'huile d'olive vierge extra 2%. Un vrai régal pour tout le monde. A tel point que l'on s'est même tous demandé si les pauvres, qui n'ont aucun goût, auraient vu la différence par rapport à leur ratatouille éco+. Coca-connard a même émis l'idée d'aller à la rencontre d'un pauvre pour lui faire tester voir s'il voyait la différence. Comme si on allait parler à des pauvres, maintenant ! Alors c'est sûr qu'avec une idée pareille, on l'a lynché. Son père s'est défoulé dessus d'ailleurs et ça lui a fait le plus grand bien.
En tous cas, ce que l'on peut dire c'est que l'on prend pas soin des légumes depuis 1856 sans avoir beaucoup de talent. Et ça se ressent particulièrement sur cette ratatouille. Et là, si Francis-Rodolphe Cassegrain me lit, je tiens à lui préciser que sa ratatouille se marie parfaitement avec un "Château l'Azile" de treize ans d'âge qui lui fait ressortir toute la saveur des légumes qui éclate au palais.
Le Blood Quartet, en entame de la cuvée de la semaine, a trop saigné et apparemment aussi trop rôdé du côté de Barcelone, et c'est une pure joie de retrouver la trompinette de poche de l'ex-bassiste de Mars Mark Cunningham, qui n'a apparemment rien à voir avec la légende du bodysurf. Le 1er opus du combo belgo-norvégien Warped Dreamer est aussi touffu que le cv de ses quatre membres désarticulés, et là encore la trompette de la renommée clignote de mille feux. La caravane cosmique du collectif post-hippy de Saarlouis Datashock est de retour, et on est ravis parce qu'on était sans nouvelles depuis au moins deux révolutions. Le Bureau B d'Hambourg a ouvert une nouvelle subdivision pour provoquer des rencontres inédites et les frottements percussions/électronique entre Sven Kacirek & Thomas Klein sont particulièrement inouïs en effet.
Shane Parish d'Ahleuchatistas et Tashi Dorji du Bhoutan sont fort occupés en cette fin d'année eux aussi, ce qui ne les empêche pas de se taper le bœuf sans faire l'âne dans leur salon d'Asheville. Geir Sundstol, le Ry Cooder de Bergen, taquine ses national et pedal steel guitares, le dobro et le sitar, entre country-folk et impro-free, et rien de surprenant à retrouver ses volutes embarquées chez Hubro. Reid Karris de l'Illinois explore la guitare préparée avec la précision d'un entomologue. Il y a un tout juste un an, Anthony Child alias "Surgeon" s'était fendu de sessions assez fameuses enregistrées sur synthé analogue Music Easel de la firme Buchla dans la jungle Maui, la seconde session enregistrée derechef un an plus tard in situ est tout aussi luxuriante. Le nouvel opus du projet Cindytalk de la(le) vétéran écossais(e) Gordon Sharpe atteint le même degré d'abrasivité que les précédents, entre crépitements de spoken words et musique concrète, et la musique traditionnelle de Rashad Becker fait elle aussi une fois de plus merveille.
Peter Evans en bouche un coin à Maurice André et nous laisse bouche bée devant tant d'abnégation virtuose. Le Peter Kowald Quintet sévissait vers 1972-73 dans la fire music kanal historique, et c'est un chouette cadeau de fin d'année de Trost-Cien Fuegos de nous avoir remastérisé-réédité cette belle galette FMP. A la même époque le collectif Ak Musick du méconnu Hans Kumpf pratiquait le même genre d'expérience mentale, et là encore c'est un cadeau inespéré dû aux bons offices de Guerssen, excellente marque de Catalogne spécialisée en rééditions de bizarreries sucrées psyché-progressives-impro-free des années 60-70, et on ne remerciera jamais assez Mr. Fuzzy Stéph' de Stoned Circus pour cette délicate attention, ¡ Aprovecha la paz compadre ! Enfin, ultime hommage douloureusement nécessaire à l'inventeur de l'œuf kinder, on termine comme de juste cette version customisée de l'Azile avec notre sélection spéciale fourrée aux bonux.
Ce partenariat coulait de source, il faut le dire. Telle une évidence, il s'imposait d'office. Cette dernière soirée de l'année fut l'occasion de goûter la fameuse ratatouille Cassegrain dont les mérites nous parviennent des quatre coins de l'Azile depuis quelques temps.
Comme vous le voyez sur la photo, toute l'équipe de l'émission était réunie pour l'occasion. En bas à gauche, Clarissa-Jeannette, votre standardiste préférée. En bas à droite, vous pouvez voir que j'ai mis mon plus beau pull pour l'occasion. A côté de Clarissa-Jeannette, c'est Herbert-Hubert, le producteur de l'émission qui nous a bien fait rire à nouveau cette année. A côté, c'est sa femme, la pistonnée, Aline-Sandrine, secrétaire de l'émission. Puis leur fils Philibert-Adolphe, stagiaire gratuit, que l'on appelle entre-nous "coca-connard" car il adore la fameuse boisson et qu'il est bête à un point tel qu'on pense qu'il tient de sa mère.
Fabien-Patrick, votre animateur préféré, à la découpe de la viande est toujours le génie que l'on connaît. Sa femme, Sylvia-Berthe, à côté, n'est pas en reste....mais ne mangera que les restes pour continuer à garder la ligne. A côté de moi, l'autre déconneur de l'équipe, Serge-Albert, le réalisateur de l'émission était, lui aussi, accompagné de sa femme, Alice-Françoise, et de son fils idiot, François-Pierre-Jean, stagiaire gratuit sans avenir, lui aussi.
Bien sûr il y avait des petits pois lors de cette soirée Cassegrain, car une soirée sans petits pois Cassegrain, c'est comme un karaoké sans "La maladie d'amour" de Michel Sardou : ça ne peut pas exister. Mais la vraie star de cette soirée était la ratatouille cuisinée à la provençale à l'huile d'olive vierge extra 2%. Un vrai régal pour tout le monde. A tel point que l'on s'est même tous demandé si les pauvres, qui n'ont aucun goût, auraient vu la différence par rapport à leur ratatouille éco+. Coca-connard a même émis l'idée d'aller à la rencontre d'un pauvre pour lui faire tester voir s'il voyait la différence. Comme si on allait parler à des pauvres, maintenant ! Alors c'est sûr qu'avec une idée pareille, on l'a lynché. Son père s'est défoulé dessus d'ailleurs et ça lui a fait le plus grand bien.
En tous cas, ce que l'on peut dire c'est que l'on prend pas soin des légumes depuis 1856 sans avoir beaucoup de talent. Et ça se ressent particulièrement sur cette ratatouille. Et là, si Francis-Rodolphe Cassegrain me lit, je tiens à lui préciser que sa ratatouille se marie parfaitement avec un "Château l'Azile" de treize ans d'âge qui lui fait ressortir toute la saveur des légumes qui éclate au palais.
Le Blood Quartet, en entame de la cuvée de la semaine, a trop saigné et apparemment aussi trop rôdé du côté de Barcelone, et c'est une pure joie de retrouver la trompinette de poche de l'ex-bassiste de Mars Mark Cunningham, qui n'a apparemment rien à voir avec la légende du bodysurf. Le 1er opus du combo belgo-norvégien Warped Dreamer est aussi touffu que le cv de ses quatre membres désarticulés, et là encore la trompette de la renommée clignote de mille feux. La caravane cosmique du collectif post-hippy de Saarlouis Datashock est de retour, et on est ravis parce qu'on était sans nouvelles depuis au moins deux révolutions. Le Bureau B d'Hambourg a ouvert une nouvelle subdivision pour provoquer des rencontres inédites et les frottements percussions/électronique entre Sven Kacirek & Thomas Klein sont particulièrement inouïs en effet.
Shane Parish d'Ahleuchatistas et Tashi Dorji du Bhoutan sont fort occupés en cette fin d'année eux aussi, ce qui ne les empêche pas de se taper le bœuf sans faire l'âne dans leur salon d'Asheville. Geir Sundstol, le Ry Cooder de Bergen, taquine ses national et pedal steel guitares, le dobro et le sitar, entre country-folk et impro-free, et rien de surprenant à retrouver ses volutes embarquées chez Hubro. Reid Karris de l'Illinois explore la guitare préparée avec la précision d'un entomologue. Il y a un tout juste un an, Anthony Child alias "Surgeon" s'était fendu de sessions assez fameuses enregistrées sur synthé analogue Music Easel de la firme Buchla dans la jungle Maui, la seconde session enregistrée derechef un an plus tard in situ est tout aussi luxuriante. Le nouvel opus du projet Cindytalk de la(le) vétéran écossais(e) Gordon Sharpe atteint le même degré d'abrasivité que les précédents, entre crépitements de spoken words et musique concrète, et la musique traditionnelle de Rashad Becker fait elle aussi une fois de plus merveille.
Peter Evans en bouche un coin à Maurice André et nous laisse bouche bée devant tant d'abnégation virtuose. Le Peter Kowald Quintet sévissait vers 1972-73 dans la fire music kanal historique, et c'est un chouette cadeau de fin d'année de Trost-Cien Fuegos de nous avoir remastérisé-réédité cette belle galette FMP. A la même époque le collectif Ak Musick du méconnu Hans Kumpf pratiquait le même genre d'expérience mentale, et là encore c'est un cadeau inespéré dû aux bons offices de Guerssen, excellente marque de Catalogne spécialisée en rééditions de bizarreries sucrées psyché-progressives-impro-free des années 60-70, et on ne remerciera jamais assez Mr. Fuzzy Stéph' de Stoned Circus pour cette délicate attention, ¡ Aprovecha la paz compadre ! Enfin, ultime hommage douloureusement nécessaire à l'inventeur de l'œuf kinder, on termine comme de juste cette version customisée de l'Azile avec notre sélection spéciale fourrée aux bonux.
Si vous sentez une trompette dans votre âme, le souffle de l'Azile est entré chez vous
mercredi 21 décembre 2016
L'AZILE LE PLUS SÛR - ETAGE 13 PORTE 14 - La Danse des Tonneaux Brisés
La fin d'année approchant à grands pas, nous aussi à l'Azile on s'est dit qu'il fallait enfin vous apporter la bonne nouvelle
et ce, et comme de juste, à grand renfort d'enfumage, de bâtons de
pluie, et de mantras positifs démultipliés par la magie du podcast s'il
vous plait, sans omettre bien sûr les bonux de cette version deluxe pour
mieux faire durer le plaisir et finir en apothéose.
Le nouveau combo qui réunit Thalia Zedek, Jason Sanford de Neptune & Gavin McCarthy est tellement effervescent qu'il s'est tout bonnement fait appeler "E", et il manquerait plus que E se présente également à la présidentielle pour couronner le tout. Initié à l'orée des années 2000, le Scorch Trio n'a rien perdu de sa superbe, même s'il s'est depuis délocalisé aux States et amputé d'un membre pour s'en adjoindre finalement un quatrième, pour toujours plus de fire music. Le duo Roji entre Gonçalo Almeida & Jörg A. Schneider témoigne de cette belle vitalité de la nouvelle scène européenne impro-free qui navigue entre le Portugal, l'Allemagne, l'Angleterre et les Pays-Bas, et comme Colin Webster s'époumone avec eux, on ne peut que se jeter dessus les yeux fermés ! Otomo Yoshihide se fait un chouia plus avare en nouvelles galettes ces derniers temps, mais on vous a quand même retrouvé sa trace sur un chouette live à Tokyo publié au printemps dernier.
En cette fin d'année, on est ultra ravis du grand retour de Rashad Becker, et ses glissandi synthétiques cousus main sont toujours aussi magistralement divins. Eli Keszler enchante également les cœurs des petits et des grands avec son nouveau solo, d'une intensité frénétique proprement abyssale. La légende des musiques concrètes outre-Atlantique Tod Dockstader, illustrateur légendaire pour Tom & Jerry ou Mr. Magoo, complète le tableau avec des pièces enregistrées de son vivant, mais jamais éditées jusqu'ici. Le projet Fenêtre Ovale d'Eve Risser, Joris Rühl & Karl Naëgelen réinvente les stratégies obliques de l'impro par le trou de la serrure, et on est plus que ravis de réentendre le lithophone de Thomas Gouband sur le tome 2. Jean-Luc Guionnet est tout aussi pertinent au sax que sur lutherie organique, et aussi royal sur disque qu'en live. L'Ensemble Phoenix de Bâle n'en est pas à son galop d'essai dans l'interprétation contemporaine des fralés des musiques expé, et cette rencontre avec Jérôme Noetinger de Metamkine n'en est que plus haute en couleurs, d'autant qu'on y retrouve les frangins Buess de l'ancien combo 16-17. Tod Dockstader referme le cortège avec un revenez-y de ses compos électroacoustiques des années 60.
Pour avoir l'abricot en folie après le solo de mandoline, pressez sans bourse délier l'Azile
Le nouveau combo qui réunit Thalia Zedek, Jason Sanford de Neptune & Gavin McCarthy est tellement effervescent qu'il s'est tout bonnement fait appeler "E", et il manquerait plus que E se présente également à la présidentielle pour couronner le tout. Initié à l'orée des années 2000, le Scorch Trio n'a rien perdu de sa superbe, même s'il s'est depuis délocalisé aux States et amputé d'un membre pour s'en adjoindre finalement un quatrième, pour toujours plus de fire music. Le duo Roji entre Gonçalo Almeida & Jörg A. Schneider témoigne de cette belle vitalité de la nouvelle scène européenne impro-free qui navigue entre le Portugal, l'Allemagne, l'Angleterre et les Pays-Bas, et comme Colin Webster s'époumone avec eux, on ne peut que se jeter dessus les yeux fermés ! Otomo Yoshihide se fait un chouia plus avare en nouvelles galettes ces derniers temps, mais on vous a quand même retrouvé sa trace sur un chouette live à Tokyo publié au printemps dernier.
En cette fin d'année, on est ultra ravis du grand retour de Rashad Becker, et ses glissandi synthétiques cousus main sont toujours aussi magistralement divins. Eli Keszler enchante également les cœurs des petits et des grands avec son nouveau solo, d'une intensité frénétique proprement abyssale. La légende des musiques concrètes outre-Atlantique Tod Dockstader, illustrateur légendaire pour Tom & Jerry ou Mr. Magoo, complète le tableau avec des pièces enregistrées de son vivant, mais jamais éditées jusqu'ici. Le projet Fenêtre Ovale d'Eve Risser, Joris Rühl & Karl Naëgelen réinvente les stratégies obliques de l'impro par le trou de la serrure, et on est plus que ravis de réentendre le lithophone de Thomas Gouband sur le tome 2. Jean-Luc Guionnet est tout aussi pertinent au sax que sur lutherie organique, et aussi royal sur disque qu'en live. L'Ensemble Phoenix de Bâle n'en est pas à son galop d'essai dans l'interprétation contemporaine des fralés des musiques expé, et cette rencontre avec Jérôme Noetinger de Metamkine n'en est que plus haute en couleurs, d'autant qu'on y retrouve les frangins Buess de l'ancien combo 16-17. Tod Dockstader referme le cortège avec un revenez-y de ses compos électroacoustiques des années 60.
Pour avoir l'abricot en folie après le solo de mandoline, pressez sans bourse délier l'Azile
dimanche 11 décembre 2016
L'AZILE LE PLUS SÛR - ETAGE 13 PORTE 13 - Minute Papillon
Ca y est ! On arrive presque en décembre. Traditionnellement, plein de gens vont, dès ce week-end, décorer le sapin de noël de guirlandes, de boules, et d'illuminations de toutes les couleurs de la vie pour la plus grande joie des enfants.
Ce que les gens ignorent c'est qu'aujourd'hui, leurs enfants en ont marre d'entendre à ce moment, Tino Rossi ou bien les arrivistes qui se sont succédé depuis quarante ans avec leurs disques de noël. Les enfants veulent entendre Pierre Henry, Dominique Grimaud, Kraftwerk, Bérurier Noir, Faust, Karlheinz Stockhausen, Didier Super ou Ludwig von 88.
Les plus mélomanes d'entre eux ne rechignent pas à écouter un Jean-Claude Risset ou un Pauline Oliveros pour leur rendre hommage. Ils sont, bien sûr, tous les deux au programme de ce XIIIème épisode. Alors, chers parents, entendez les volontés de vos enfants et décorez le sapin en mettant l'Azile de la semaine. Vous verrez que cette livraison hebdomadaire de curiosités automnales nous conduit cette fois de Portland à Héraklion, avec quelques circonvolutions excentriques autour de San Francisco dans les années 60, ce qui ne peut pas nuire, me direz-vous.
Jungle Nausea, side-project de Smegma, combinait post & art punk assez allègrement vers 1982-84, avec force instruments-maison et noise bondissante. Die Krupps met les petits plats dans les grands chaudrons de la Ruhr, pour une fondue revival de sa "Stahlwerksinfonie" en compagnie des gens de Faust, Pyrolator et Mani Neumeier de Guru Guru, et une pointe d'Einstürzende Neubauten pour relever le potage. Le 45 tours de Paul H. Williams est un genre d'OSNI enregistré dans une chambre de bonne sur cassette en 81, à classer entre The Normal & Throbbing Gristle, et inspiré comme de juste par la SF post-apocalyptique de sir J.G. Ballard. Le nouvel opus du combo islandais Amiina prend un air sombre de musique nouvelle à la Teho Teardo pour illustrer le Fantômas de la Belle Époque.
Après son décoiffant "Haircut", TOC est de retour cette fois avec une fanfare apocalyptique lilloise The Compulsive Brass, dans laquelle on retrouve quelques têtes bien connues. Après Intersystems dont on vous avait abondamment causé l'an dernier, Syrinx, l'autre projet du pionnier du Moog canadien John Mills-Cockell, refait surface avec une intégrale doublée d'inédits. Eli Keszler, le virtuose des crotales et des fourmillements sur caisse claire combinés à de l'électronique en miroir, s'est fendu d'un solo bien fractal dont il a le secret. Dark Entries, le label de San Francisco, continue de nous alimenter en bizarreries de la fin 70-début 80, et cette fois Λένα Πλάτωνος ou Lena Platonos, la diva des musiques électroniques grecques, un genre de croisement entre Laurie Anderson, Björk et Bob Ashley, et une seconde réédition de ses frasques avant sa retraite anticipée à l'HP.
Feu Pauline Oliveros ne faisait pas qu'animer des bœufs impro avec son accordéon musette en intonation juste et tout le gratin des musiques expé depuis plus de 50 ans, elle a aussi laissé son empreinte comme l'une des pionnières des musiques électroacoustiques minimalistes les plus sauvages, et c'est pourquoi on lui rend un hommage appuyé avec un classique de derrière les fagots enregistré comme de juste au Tape Music Center dans les années 60. Hasard de l'actu, Jean-Claude Risset, le pionner de la synthèse sonore sur ordi, lui aussi a décidé de faire voile vers le soleil, dans une trajectoire qui l'aura conduit des laboratoires Bell jusqu'à aller s'enterrer sous Beaubourg. On se termine sur une note un chouia plus guillerette avec du bon free lusitanien, et le Motion Trio de Rodrigo Amado, remonté comme un coucou prêt à pondre chez vous, sans compter les substantifiques bonux pour rassasier tout le monde avant le prochain épisode.
Avec la réverbération azilaire, évitez que l'air qui vous trotte derrière la tête ne vous descende dans le derrière
Ce que les gens ignorent c'est qu'aujourd'hui, leurs enfants en ont marre d'entendre à ce moment, Tino Rossi ou bien les arrivistes qui se sont succédé depuis quarante ans avec leurs disques de noël. Les enfants veulent entendre Pierre Henry, Dominique Grimaud, Kraftwerk, Bérurier Noir, Faust, Karlheinz Stockhausen, Didier Super ou Ludwig von 88.
Les plus mélomanes d'entre eux ne rechignent pas à écouter un Jean-Claude Risset ou un Pauline Oliveros pour leur rendre hommage. Ils sont, bien sûr, tous les deux au programme de ce XIIIème épisode. Alors, chers parents, entendez les volontés de vos enfants et décorez le sapin en mettant l'Azile de la semaine. Vous verrez que cette livraison hebdomadaire de curiosités automnales nous conduit cette fois de Portland à Héraklion, avec quelques circonvolutions excentriques autour de San Francisco dans les années 60, ce qui ne peut pas nuire, me direz-vous.
Jungle Nausea, side-project de Smegma, combinait post & art punk assez allègrement vers 1982-84, avec force instruments-maison et noise bondissante. Die Krupps met les petits plats dans les grands chaudrons de la Ruhr, pour une fondue revival de sa "Stahlwerksinfonie" en compagnie des gens de Faust, Pyrolator et Mani Neumeier de Guru Guru, et une pointe d'Einstürzende Neubauten pour relever le potage. Le 45 tours de Paul H. Williams est un genre d'OSNI enregistré dans une chambre de bonne sur cassette en 81, à classer entre The Normal & Throbbing Gristle, et inspiré comme de juste par la SF post-apocalyptique de sir J.G. Ballard. Le nouvel opus du combo islandais Amiina prend un air sombre de musique nouvelle à la Teho Teardo pour illustrer le Fantômas de la Belle Époque.
Après son décoiffant "Haircut", TOC est de retour cette fois avec une fanfare apocalyptique lilloise The Compulsive Brass, dans laquelle on retrouve quelques têtes bien connues. Après Intersystems dont on vous avait abondamment causé l'an dernier, Syrinx, l'autre projet du pionnier du Moog canadien John Mills-Cockell, refait surface avec une intégrale doublée d'inédits. Eli Keszler, le virtuose des crotales et des fourmillements sur caisse claire combinés à de l'électronique en miroir, s'est fendu d'un solo bien fractal dont il a le secret. Dark Entries, le label de San Francisco, continue de nous alimenter en bizarreries de la fin 70-début 80, et cette fois Λένα Πλάτωνος ou Lena Platonos, la diva des musiques électroniques grecques, un genre de croisement entre Laurie Anderson, Björk et Bob Ashley, et une seconde réédition de ses frasques avant sa retraite anticipée à l'HP.
Feu Pauline Oliveros ne faisait pas qu'animer des bœufs impro avec son accordéon musette en intonation juste et tout le gratin des musiques expé depuis plus de 50 ans, elle a aussi laissé son empreinte comme l'une des pionnières des musiques électroacoustiques minimalistes les plus sauvages, et c'est pourquoi on lui rend un hommage appuyé avec un classique de derrière les fagots enregistré comme de juste au Tape Music Center dans les années 60. Hasard de l'actu, Jean-Claude Risset, le pionner de la synthèse sonore sur ordi, lui aussi a décidé de faire voile vers le soleil, dans une trajectoire qui l'aura conduit des laboratoires Bell jusqu'à aller s'enterrer sous Beaubourg. On se termine sur une note un chouia plus guillerette avec du bon free lusitanien, et le Motion Trio de Rodrigo Amado, remonté comme un coucou prêt à pondre chez vous, sans compter les substantifiques bonux pour rassasier tout le monde avant le prochain épisode.
Avec la réverbération azilaire, évitez que l'air qui vous trotte derrière la tête ne vous descende dans le derrière
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