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samedi 26 septembre 2015

L'AZILE LE PLUS SÛR - ETAGE 12 PORTE 03 - "Le choix du titre est un faux problème"

Vous en avez rêvé et l'Azile l'a fait ! La 3ème édition de "l'Azile des sosies" a eu lieu cette semaine. Après Marcel-Marc et Adrien-Ludovic voici Ghislain-Rodolphe, sosie de Lino Ventura, Philippe Léotard, François Hollande, Geneviève de Fontenay et Mary Poppins. En finale il a battu sur le fil Christian-Christophe, sosie de Pierre Henry, Patrick Topaloff, et Sim.

Une tournée rennaise sera prévue avec les perdants de la "Star Academy 4", Grégoire-Guy Charbonnier qui est le compositeur et le Directeur Artistique de Patrick Sébastien ainsi que Gilbert-Adrien Collaro qui est le jeune frère de Stéphane mais surtout...la doublure guitare de La Compagnie Créole depuis 1984.

Bref.....C'est de la star comme s'il en pleuvait qui va entourer notre quintuple sosie qui chantera avec "La chorale des migrants". Le spectacle sera, bien sûr, gratuit pour les membres des "Républicains" et de l'association "Pierre Gattaz, ami pour la vie" car on sait vous bichonner, vous, fans de l'Azile en tous genre de droite.

Et comme notre pote François, à l'Azile aussi on aime bien les exclus aussi, et on vous le prouve une nouvelle fois en diffusant la vraie musique qui guérit les cœurs, car promis juré, on vous veut du bien.

Squadra Omega, la botte secrète de Vénitie, fait coup-double avec une galette 4 faces pour nourrir votre 3ème œil. Guili Guili Goulag, c'est un side-project comme on dit des ex-¡ Duflan Duflan !, qui produit des morceaux en forme de papapouilles punitives, et comme de juste sur Mon Cul. OU, c'est une fanfare féministe typiquement sarde qui met pas ses œufs dans le même panier et dans laquelle officie la multi-instrumentiste et chanteuse rockeuse-in-opposition Amy Denio.

Papophilie ambiante oblige, on ouvre le grand livre du nouveau free-rock argentin, et on rend grâce au passage à Anla Courtis et aux péruviens de Buh records pour leur geste fort charitable.
Antye Greie-Ripatti AGF,  pour les intimes, explore les interférences entre poésie classique japonaise et sons glitchés, avec la voix des Aïnou d'Hokkaidō dans le lointain.

La BOF du film "Bof..." livrée par Jean Guérin est toujours aussi fumeuse, 45 ans après. Le duo new-yorkais White Out fait un revenez-y, cette fois en compagnie du gratteux Nels Cline.

Le tonitruant et inarrêtable Brö rencontre des jeunes danois, les bien nommés BodaBoda, et ça défouraille à tout-va. On prend des nouvelles des combos qui font pas dans le jazz à papa dans la Ville des Vents, et Stirrup comme le trio de Nick Mazzarella soufflent le chaud loin de tout chobizenesse.

Enfin, le vétéran William Parker nous offre l'une de ses plus belles suites de catastrophe apprivoisée capable de faire fondre la Mer de glace dont il a le secret.


Grâce au combi-papazilemobile à fleurs, goûtez aux doux plaisirs des émissions non polluantes





samedi 19 septembre 2015

L'AZILE LE PLUS SÛR - ETAGE 12 PORTE 02 - "Le Je ne sais Quoi & le Presque Rien"

Depuis quelques semaines, on n'a de cesse de parler des migrants dans l'actualité. Sans faire de bruit, sachez que sur le blog de l'Azile, nous avons accueilli plus de 10 000 migrants en 2 ans. Essentiellement des Russes, des Américains, des Allemands et des Tchèques. Mais pas seulement ! Des Ukrainiens, des Suisses, des Anglais, des Indiens, et des Belges sont venus également. Ainsi que tous ceux qui n'ont pas été recensés par Blogger car pas assez nombreux. Et je peux le prouver ! J'ai avec moi une enveloppe....

Pourquoi tous ces gens sont-ils venus de si loin migrer sur le blog de l'Azile au péril de leur fibre ? Et bien tout simplement car c'est la guerre chez eux.....la guerre à la musique car OUI...je l'écris haut et fort....Les Tchèques, les Ukrainiens ont, eux aussi, leur Kendji Girac ! Les Belges et les Suisses  comprennent aussi les textes de Louane et Black M. C'est IN-TO-LE-RA-BLE ! ! Bienvenue à vous sur l'Azile ! Mais vos souffrances ne sont pas finies pour autant !

En France, nous avons aussi de quoi préférer être sourd. Vous l'avez deviné car il est en photo d'illustration, je vais vous parler de Francis Lalanne et de sa énième horreur musicale qui fait rire ou pitié depuis quelques jours, selon les sensibilités. D'après le principal intéressé, cette chanson date de 15 ans....Est-on sûr que le bug de l'an 2000 n'a pas eu lieu ?

En tous cas, chers migrants, ici vous êtes tranquilles car la musique est un enchantement pour les oreilles. C'est beau comme un discours de mon ami Pierre Gattaz ou d'Emmanuel Moncon. Ca rayonne et ça réveille vos sens avec, cette semaine, un programme spécial antidote au coup de mou de la rentrée et au blues automnal, et une décoction de titres ultra colorés et bigarrés dont vous me direz des nouvelles.

Khun Narin tout droit échappé d'un temple bouddhiste thaï ouvre le bal avec son jus d'oud au patchouli euphorisant, bientôt en vente libre et en concert dans le bourg. La dernière bombe de cumbia frénétique du power trio Los Pirañas, les rois de la gigue des faubourgs de Bogotá D.C., n'a pas grand chose à envier à Romperayo et autres Meridian Brothers.

Le nouveau combo libano-cairote Alif cherche à être calife à la place du calife, et à juste titre d'ailleurs. Avec Lloyd Pack, Dan Melchior prouve une nouvelle fois qu'on peut produire de l'avant-garage et que Pere Ubu a quelques bons rejetons illégitimes.

The Ex avec invités c'est toujours un peu The Ex, et GW Sok sans The Ex c'est encore un peu The Ex, et réciproquement, si vous me suivez. Quant à FiliaMotsa, c'est aussi le bon goût de la Moselle à la mode batave.

Éloïse Decazes & Delphine Dora sonnent le canon en détournant la tradition de manière assez peu traditionnelle. Lumisokea, c'est un autre genre de duo de crooners italo-belges véritablement ancrés dans une folkitude toute berlinoise. De retour de leurs vacances bien méritées en Lituanie, les Timides, qui ne mâchent toujours pas leurs mots préparent leur rentrée avec un Marché Noir spécial barbaque au Jardin qui promet.

Enfin, le trompetto-santouriste Amir ElSaffar ne reste pas le bec dans l’eau à pleurer des rivières et fait le pont entre jazz modal et maqâm moyen-oriental.

Besoin de rien, envie d'Azile, comme le sourd aime le sonotone...







samedi 12 septembre 2015

L'AZILE LE PLUS SÛR - ETAGE 12 PORTE 01 - "The Torture Never Stops / Sur la Plage, les Pavés"

Ca y est l'été et les vacances sont finies. Vous êtes enfin revenus toucher votre salaire de gauche en contrepartie d'un emploi misérable et c'est tout à votre honneur.

A l'Azile, l'été a été prolongé grâce à l'ami Pierre Henry qui, grâce à ses sons merveilleux, a repoussé les limites du temps en offrant 54 semaines à la saison 11. Grand merci à toi, Pierre ! Et comme le dit le dicton : "Pierre qui roule, c'est Pierre Ménès".

En cette rentrée, les plus pauvres d'entre-vous ont déjà pu profiter gratuitement des programmes bas-de-gamme de la TV française. La palme d'or revenant à "L'academie des 9" sur NRJ bouse. Rendez-vous compte qu'il y a un type décisionnaire sur cette chaîne qui a proposé de mettre ce jeu bouche-trou du midi de 1982 sur Antenne 2 sur sa chaîne à un horaire décisif plus de 30 ans après et de le faire présenter par un animateur pistonné des 90's. Et ce type s'est dit que ça allait marcher.....c'est fort, non ?

Du coup, à l'Azile, cet été on s'est fait "l'Académie de l'Azile des 9" pour rigoler. Ca ne se voit pas trop sur la photo mais on s'est marré...c'est incroyable ! Je ne vais pas me vanter, ce n'est pas mon genre, mais j'imite Jean-Marie Proslier et Ronny Coutteure comme personne. Votre animateur préféré s'est même essayé à faire son Micheline Dax en sifflant du Ornette Coleman et du Pierre Henry (encore lui) avec beaucoup de talent, je dois bien l'avouer (merci à lui pour l'augmentation de mon salaire au passage).

Pour cette rentrée, alors que les raisins rougissent du bout du nez, l'Azile prend le large et embarque pour cette nouvelle saison avec une mise en jambes pour le moins psychédélique, et une treizaine de hits qui déchirent tout.

Liberez, le mystérieux combo de la Perfide Albion, rempile pour un nouveau tour de force hypnotico-post-industriel, tandis que leurs compatriotes Ashtray Navigations tiennent toujours la marée avec leurs nappes immersives fuzzy-dronesques. Avec Manas, l'expatrié Tashi Dorji rencontre le feu nourri de Thom Nguyen pour du free-rock abrasif qui ferait presque penser à du Ahleuchatistas pur jus. Greg Fox de ZS et Kid Millions d'Oneida pratiquent un tout autre genre de numéro de duettistes sur le fil, qu'on aimerait bien voir dans Taratata.

L'Azile démontre à nouveau que l'occultisme horrifique à l'italienne n'est pas qu'une étiquette façon image panini, mais un vrai courant qui sévit sérieusement outre-Méditerranée, avec 2 galettes choucroute-mozzarella sans gluten des brillants Metzengerstein & Mai Mai Mai. Le troubadour cosmopolite et italien d'adoption Mike Cooper continue d'inventer des pièces inouïes à la slide guitar, tandis qu'Yair Elizar Glotman cuisine de la contrebasse des profondeurs et que le viennois R. Schwarz sort des sons concrets de sa boîte à insectes.

50 ans après la création de l'A.A.C.M à Chicago, Roscoe Mitchell de l'Art Ensemble rend hommage au père fondateur Fred Anderson, alors que Cuir se frotte à l'Ackenbush de Malakoff, et que Benjamin Bondonneau se prend quelques châtaignes en frottant des pierres. Et pour ces retrouvailles de rentrée, le retour du guembri de Joshua Abrams, pour une rencontre au sommet des pyramides entre la Natural Information Society et Bitchin Bajas, dans une ambiance vaporeuse façon Codona.

Pour épater vos collègues, abonnez-vous au club de remise en formes Azumb'Azile, séances gracieuses & garanties sans abattement fiscal



samedi 5 septembre 2015

L'AZILE LE PLUS SÛR - FORMULAIRE D'ADMISSION 11-54 - "L'Eté sera chaud, L'Eté sera Pierrot " - part three

Pour ce numéro spécial en forme de clap de fin de la saison à rallonge numéro XI de l'Azile (ou XII si vous préférez...), et ce tout dernier épisode de  notre feuilleton radiophonique consacré aux frasques sonores de PIERRE HENRY,  on vous gâte avec du granulaire râclé, de l'électronique brute générée à partir des fameuses fréquences alpha du cerveau, de la lutherie sauvagement malmenée de peuplades décongelées, des vocalises de canard assez fantabulesques et du texte chiadé hâché menu-menu à savourer, bref ! une vraie ménagerie de cirque sonore par le plus maniaco-mystico-bougon-épicuro-provocateur des dompteurs de l'électro-acoustique récréative.

On se déhanche sur la piste de danse aux sons animés par Pierre HENRY en ce début des années 70, en plein déluge de sons larsens émanant de la boîte crânienne du maestro, et avec le ballet cybernétique lumino-dynamique démesuré "Kyldex, en forme de nouveau rituel païen coloré.
Pour ce 3ème volet, on se focalise également sur cette décade assez folle et méconnue d'Henry qui donne lieu à la création de plusieurs grands cycles et spectacles grandiloquents : "Enivrez-vous", "le Parcours Cosmogonie", "les Noces Chymiques", etc. Avec "Futuristie", en compagnie de son compère Bernard BONNIER, les glouglouteurs, renâcleurs et autres chaudrons en cuivre ronflent allègrement pour donner vie à un nouvelle polyphonie foisonnante et célébrer dignement " l'Art des Bruits ".

Les créations de Pierre HENRY de l'époque 75/85 sont traversées par le souffle du Verbe Hugolien, qui accouchera du monumental cycle de 6 heures "Hugosymphonie", diffusé en mondiovision dans la nuit du 23 au 24 décembre 1985 sur l'antenne de Radio-France, et écoutable in extenso grâce aux cassettes magiques du formidable bloge Chronophonix.

Comme le clamait fort à propos le Grand Orchestre du Splendid à l'heure de l'explosion de la Fm et des radios pirates : "Radi -Radi-Radi Radio, Ra-di-O, tout l'monde s'éclate", et également PIERRE HENRY, qui s'attele à partir de années 80 à un certain nombre de hörspiele, notamment pour la WDR de Cologne, ce qui lui permet de retrouver un second souffle et de dépoussiérer ses bibliothèques de sons sur les thématiques particulières de ces pièces de commande, dont certaines n'ont malheureusement pas été éditées à ce jour.

Comme toutes les bonnes choses ont forcément une fin, on boucle la boucle de ce marathon-fleuve consacré au plus vieux défenseur et tripatouilleur de mix cheloux toujours en activité, avec quelques oeuvres plus récentes et notamment l'excellent "Labyrinthe !" produit par le GRM, un genre de retour au bercail en quelque sorte pour Pierre HENRY, sans oublier bien sûr ces fameux concerts en chaussons à son domicile de la rue de Toul, entouré de ses HP customisés et de ses sculptures-peintures concrètes.
Enfin, cerise sur le cocotier, pour patienter avant la présentation de sa nouvelle collection de sons automne-hiver, on achève ce cycle avec une archive inédite sauvée des zoos : une captation live au bled en 2008 de sa pièce "Miroir du temps", réalisée grâce au studio mobile de l'Azile.






mardi 25 août 2015

L'AZILE LE PLUS SÛR - FORMULAIRE D'ADMISSION 11-53 - "L'Eté sera chaud, L'Eté sera Pierrot " - part two

Cette semaine dans la seconde partie du feuilleton de l'été de l'Azile consacré aux frasques sonores de PIERRE HENRY, l'inventeur fou de la musique concrète, plutôt isolé à la fin des années 50 mais très peuplé à l'intérieur de sa tanière-studio, se donne à fond pour forger ses musiques de fête et décloisonner son nouveau langage à base de sons parasites mutants, et passe rapidement au statut de compositeur culte entre le début et la fin des années 60, avec une série d'évènements populaires et d'oeuvres qui commencent à être éditées à un rythme régulier, notamment dans la fameuse collection "Prospective 21e Siècle" de la firme Philips.

"Tout bruit écouté longtemps devient une voix", ou encore "la musique c'est du bruit qui pense", comme aimait à le rappeler notre bon vieux pote Hugo, lorsqu'il avait un coup dans l'aile. Les vacances sont très propices aux rencontres c'est bien connu, et c'est le cas également pour Pierre HENRY, puisqu'à l'été 62, de retour de son Voyage chez les morts tibétains, il se consacre deux heures par jour à faire crier et à enregistrer avec son assistante la très phonogénique porte sur gonds du grenier de la longère qui lui sert de villégiature à Vic dans l'Aude, puis il monte ces héroïques solos dans une compo tout aussi provocatrice que fidèle aux préceptes de la musique concrète et du montage schaefferiens.

L'année 67, c'est aussi le Summer of Love pour Pierre HENRY, puisqu'après avoir déménagé à Saint-Germain-des-Prés et composé divers sons pour accompagner la libido des poulpes, il se consacre à une série de messes et rituels païens, qui aboutiront au fameux concert couché, aux 26 heures de concert non stop en sac de couchage à la Gaîté Lyrique, et à la consécration de ses fameux jerks électroniques, tout autant musiques de bal populaire que ballet de cour à la sauce Béjart.

Avec l'Apocalypse de Jean en 68, ou ses Fragments pour Artaud avec les éructations-mantras de l'ultra-lettriste François DUFRÊNE, HENRY démontre toutes ses capacités à créer des oratorios électroniques de haute volée pour les temps modernes en forme de petite boutique des horreurs. Fin 60 il transportera même ses potentiomètres, ses déflagrations violentes et son indescriptible maelström électronique sur la scène de l'Olympia aux côtés de Spooky Tooth, ce qui le consacrera définitivement comme le plus psyché-pop des compositeurs avant-garde, le dernier mammouth laineux encore en activité du GRM-canal historique.

On termine cet épisode numéro 2 avec Gymkhana, une pièce multipistes pour instruments acoustiques spatialisés, idéalement concue pour vos séances de gymnastique rythmique pour club de fitness sur Proxima du Centaure.

Et comme dit l'autre : "Moi, je n’ai pas de notes. Je n’ai jamais aimé les notes. C’est insuffisant, les notes. Ça n’est rien. Ça se perd. C’est bête. On ne peut pas travailler avec les notes. Les notes, c’est bon pour les compositeurs." (Journal de mes sons)





lundi 17 août 2015

L'AZILE LE PLUS SÛR - FORMULAIRE D'ADMISSION 11-52 - "L'Eté sera chaud, L'Eté sera Pierrot" - part one

Pour une oreille bien exercée, il n'y a pas de bruit qui ne puisse être entendu comme une musique... et réciproquement, comme claironnaient les teigneux ennemis du Gégène.

Le comité des productions spéciales Azile en profite que c'est vraiment l'Eté pour nettoyer ses portugaises ensablées et pointer son cornet acoustique sur les frasques de l'animal sonore PIERRE HENRY, et vous propose un triptyque radiophonique cousu main sur potentiomètre, à l'occasion de la publication récente d'un luxueux coffret de 10 LP : " Choix D'Œuvres De 1950 À 1985 ", sur la firme allemande Vinyl-On-Demand, qui regroupe bandes historiques et morceaux devenus rares. Pour faire bonne mesure, on glissera au passage aussi quelques pièces du coffret 10 CD, tout aussi réussi qu'économique celui-ci : "Odyssée", sorti il y a juste 3 ans, sur étiquette Decca. Bref, une sélection à travers les âges au poil pour vos huîtres, en goguette sur ces plages entourées de falaises escarpées en compagnie du "plus vieux D.J. du monde" muni de son armada de tam-tams du merveilleux.

Au cours de cet épisode 1/3, on découvre l'art des sons fixés développé par Pierre HENRY à partir de 1949, à l'époque où il intègre le GRMC (Groupe de Recherche de Musique Concrète) pour participer aux premières expériences de musique concrète et électroacoustique aux côtés de PIERRE SHAEFFER, à grand renfort de lutherie sauvage, de symphonies de bruits et de casseroles, de bidouilleries vinyliques non homologuées, de clusters de pianos détraqués, de consoles de mélange primitives, et de tintamarres de phonogènes à coulisse. Bref, tout une lutherie expérimentale au service de l’Inouï détournant allègrement les moyens de la Radio, car comme le disait à juste titre le directeur du service de recherche de la RTF, Pierre Schaeffer : "la radio est un art aveugle" !

Au travers de ce petit tour d'horizon des années 50, on assistera donc à la naissance d'une musique concrète électronique exotique accouchée par ces deux pionniers, et au polissage progressif de cette matière brute acousmatique, depuis le Bidule en Ut jusqu'au fameux ballet de la Reine Verte. On verra comment Pierre HENRY s'est affranchi au fur et à mesure de la figure tutélaire du théoricien Pierre Schaeffer pour forger sans ambiguïté son propre langage sonore et réaliser sans barguigner ses premières oeuvres d'envergure, à partir des 1300 bobines de sa sonothèque. On découvrira aussi comment la Gaine Scandale à largement contribué à son éviction du GRMC, l'obligeant à créer son propre studio indépendant APSOME dès 1958, tout en contribuant à sculpter le galbe émoustillant de ses sons et à promouvoir sa stature de créateur hors pair et facétieux de l'électronique moderne. 

Et comme "si ça fait mal aux oreilles, c'est que ça fait du bien...", c'est bien là tout le mal que le comité spécial des feuilletons estivaux de l'Azile vous souhaite !






vendredi 14 août 2015

L'AZILE LE PLUS SÛR - FORMULAIRE D'ADMISSION 11-51 - "Fricassée de Musiques Electroniques, 1958-1978"

A l'occasion de la belle panne d'antenne Fm des jours derniers, on en a profité pour remonter du puits sans fond des programmes spéciaux de la cuve d'immersion de l'Azile une authentique archive qu'on vous livre brut de fonte, en bonux exclusif et rien que pour les oreilles de ce blog : l'Azile du 26 décembre 2007.

En guise de conte de Noël, ce qui tombe à point nommé au moment de la pêche aux crabes, une histoire des musiques électroniques de 1958 à 1978, un genre de florilège panoramique des pionniers de l'électronique tout aussi oblique qu'entièrement subjectif.

On remonte le fil avec quelques classiques de l'électronique primitive, depuis le savoureux "Poème Electronique" de 1958 de Varèse donné au pavillon Philips de l'Expo Universelle de Bruxelles, les pionniers bataves Dissevelt & Raaymakers, ou encore le fabuleux Raymond Scott et ses jingles à base de séquenceurs home-made. Un focus indispensable sur les mythiques studios de la WDR à Cologne ou l'Institut de Sonologie d'Utrecht, avec une compo méconnue du compositeur hongro-roumain György Ligeti. Un électroacousticien ultra-méconnu originaire lui du Brésil : Jorge Antunes, et la redécouverte de miss Daphne Oram du BBC Electronic Workshop et son synthétiseur optique analogique.

Du Moog modulaire vintage à la sauce George Harrison vs. Bernie Krause qui sonnerait presque comme du proto-Coil, et du Buchla à la louche par Morton Subotnick du San Francisco Tape Music center. Sans compter une pièce de la grande époque krauto-synthético-proto-industrielle, sur le fameux synthi AKS par le regretté Conrad Schnitzler, ainsi que Richard Pinhas à la même époque, avec ses mini-moogs schizos et sa douce guérilla électronique.

De la pop électronique avec les inoubliables Roger Roger et JJ Perrey pour la petite touche de librairie musicale exotica frenchy.

Coté rareté : un mantra synth-prog par l'obscur Nik Raicevic, ou encore l'iranien Alireza Mashayekhi pour la touche de vrai exotisme. Enfin, pour bien boucler la boucle, le Sheffield sound de Cabaret Voltaire - époque Watson/Mallinder/Kirk, en guise de passage de témoin vers les années 1980.

Plus économique et nettement moins gras que les chips à l'ancienne, goûtez au programme spécial flash-back évasion de l'Azile