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dimanche 5 février 2017

L'AZILE LE PLUS SÛR - ETAGE 13 PORTE 17 - Ne Pas Se Fier A Sa Couverture

MMXVII, année de la recette ou de la disette, comme vous préférez !
Comme vous n'alliez tout de même rester à vous languir bêtement tel(le)s Pénélope devant son métier à tisser, après avoir joué la fille de l'air pendant quelques semaines, voici enfin votre émission de variétés de traverse de retour en son bercail capitonné, avec la mise en boîte réglementaire et toutes les précautions d'usage qui s'imposent.

Pour braver l'espace-temps, on redémarre à hue et à dada avec le tube qui monte et qui descend d'Einstürzende Neubauten sur un nouveau pot-pourri bien senti. Le plumitif Dan Melchior continue de nous ravir avec ses solos beefheartiens en diable et son 40ème opus rugissant sous bannière Monofonus, et Richard Youngs est logé à la même enseigne, mais en nettement moins blues.

On avait connu Emmanuel Scarpa aux balais au sein de la nébuleuse Coax, cette fois il vole de ses propres ailes avec le même genre de migration empruntée par le R.I.O. canal historique. Côté essais psycho-acoustiques, la rencontre de Rapoon, projet de l'ex-Zoviet France Robin Storey, et de Pas Musique se pose là, tandis que le dernier Paul Wirkus est bien plutôt d'ailleurs, comme aurait dit l'ufologue Bachelet.

Côté retour gagnant, Roberto Musci faisait les choux gras des musiques nouvelles avec ses continuums ethno trippants sur instruments indigènes mutants depuis le milieu des années 80 jusqu'à la fin des années 90, et ça fait donc ultra plaisir de le voir se raccrocher aux branches de l'actualité avec une anthologie de derrière les fagots. Le mythique combo d'impro live-elektronische intuitif Musica Elettronica Viva renaît également de ses cendres avec une perf' à Victo au Canada pour fêter les 50 ans du groupe qui est plus qu'une piqûre de rappel des talents multicolores du grand MEV... On ne connaissait pas le sax Albert Cirera, mais le découvrir au côté de la section rythmique la plus vibrionnante du jazz free lusitano-hispanique, et sur de surcroît sur notre étiquette balte préférée, est un pur délice ! Quant à Sarah Davachi, ses synthés analogues bien lustrés vous foutent bien la tête dans un sac, mais sans pour autant l'avachir d'un iota. Et pour en finir jusqu'à notre prochaine édition, nos bonux aussi fondus que gouleyants n'attendent plus que vous pour être servis très frais.

Mieux vaut jeûner avec les aigles de l'Azile que picorer des ailes de poulets devant le super bowl





vendredi 6 janvier 2017

L'AZILE LE PLUS SÛR - ETAGE 13 PORTE 16 - Seize pièces pour remplir votre sac à sapin

Le producteur  à succès Gérard Bovin lance en ce début janvier une idée géniale comme son génie en trouve de plus en plus souvent.

Désireux de surfer sur le succès du spectacle "Hit parade" qui regroupe les hologrammes de plusieurs chanteurs morts qui nous avaient déjà énervés en leur temps, Gérard cherchait comme il dit "la meilleure idée c'est celle qui coute le moins à produire et qui est populaire". Et il a trouvé.

"Cheap parade" verra le jour en février  Rennes au Libertad. Le concept de ce spectacle non-monstrueux est de proposer, et vous l'aurez compris en voyant la photo d'illustration, non pas des hologrammes de chanteurs morts car c'est extrêmement cher, mais des fantômes de chanteurs morts. Il suffit de leur mettre des draps dessus et a fait la blague pour un budget dérisoire. En plus on peut mettre n'importe qui sous les draps, même des socialistes, et personne n y verra rien. C'est super, non ?

Et là...attention !!! Quel plateau ! Regardez la photo ! De gauche à droite vous pouvez reconnaître Michel Delpech, Daniel Balavoine, Guy Béart, Serge Gainsbourg, Alain Bashung, Pierre Bachelet, et enfin, Carlos. De "Madame rêve"  "Papayou" en passant par "Loin d'ici" "Les couleurs du temps" et "Les corons". Gérard Bovin vous proposera le spectacle de vos rêves. Un véritable best of de la chanson magique et éternelle.

Un best of qui n'est pas sans rappeler le best of de l'Azile de la semaine d'ailleurs. Eh oui, car comme demain est encore un autre jour, autant vous prévenir tout de suite, le Comité des fêtes du restaurant La Mascotte à l'orée du bois de l'Azile, usant de son droit de régale, a mitonné ce programme très spécial en forme de mixtape gratinée à la soupe à l'oignon,  pour ces organes insatiables que l'on nomme les oreilles.

Imaginez la bande-son idéale pour vous aider à évacuer votre conifère d'appartement. Non cette fois vous ne rêverez pas ! Ces 16 titres de pure folie pour MMXVI, ont été sélectionnés majoritairement à partir des charts de l'Azile de ces dernières années, et ce grâce à notre supercalculateur qui brasse l'ensemble des sondages des auditeurs semaine après semaine.

Pour laisser la magie opérer, nous nous abstiendrons donc de tout lien et de tout autre commentaire oiseux. Dont acte !






dimanche 1 janvier 2017

L'AZILE LE PLUS SÛR - ETAGE 13 PORTE 15 - L'Écrevisse marche à reculons

A peine sorti de la soirée du réveillon de la Saint Sylvestre de l'Azile que je me mets à vous poster ce quinzième épisode de la treizième saison. Si c'est pas du courage ça ! En fait, si je m y mets maintenant, c'est que j'ai voulu vous livrer mes impressions à chaud. En effet, cette année est assez spéciale car, une fois n'est pas coutume, le budget de cette soirée n'a pas été financé par les pauvres smicards de l'Azile que l'on menace de licenciement s'ils ne mettent pas la main à la poche, mais par notre nouveau sponsor : Cassegrain

Ce partenariat coulait de source, il faut le dire. Telle une évidence, il s'imposait d'office. Cette dernière soirée de l'année fut l'occasion de goûter la fameuse ratatouille Cassegrain dont les mérites nous parviennent des quatre coins de l'Azile depuis quelques temps.

Comme vous le voyez sur la photo, toute l'équipe de l'émission était réunie pour l'occasion. En bas à gauche, Clarissa-Jeannette, votre standardiste préférée. En bas à droite, vous pouvez voir que j'ai mis mon plus beau pull pour l'occasion. A côté de Clarissa-Jeannette, c'est Herbert-Hubert, le producteur de l'émission qui nous a bien fait rire à nouveau cette année. A côté, c'est sa femme, la pistonnée, Aline-Sandrine, secrétaire de l'émission. Puis leur fils Philibert-Adolphe, stagiaire gratuit, que l'on appelle entre-nous "coca-connard" car il adore la fameuse boisson et qu'il est bête à un point tel qu'on pense qu'il tient de sa mère.

Fabien-Patrick, votre animateur préféré, à la découpe de la viande est toujours le génie que l'on connaît. Sa femme, Sylvia-Berthe, à côté, n'est pas en reste....mais ne mangera que les restes pour continuer à garder la ligne. A côté de moi, l'autre déconneur de l'équipe, Serge-Albert, le réalisateur de l'émission était, lui aussi, accompagné de sa femme, Alice-Françoise, et de son fils idiot, François-Pierre-Jean, stagiaire gratuit sans avenir, lui aussi.

Bien sûr il y avait des petits pois lors de cette soirée Cassegrain, car une soirée sans petits pois Cassegrain, c'est comme un karaoké sans "La maladie d'amour" de Michel Sardou : ça ne peut pas exister. Mais la vraie star de cette soirée était la ratatouille cuisinée à la provençale à l'huile d'olive vierge extra 2%. Un vrai régal pour tout le monde. A tel point que l'on s'est même tous demandé si les pauvres, qui n'ont aucun goût, auraient vu la différence par rapport à leur ratatouille éco+. Coca-connard a même émis l'idée d'aller à la rencontre d'un pauvre pour lui faire tester voir s'il voyait la différence. Comme si on allait parler à des pauvres, maintenant ! Alors c'est sûr qu'avec une idée pareille, on l'a lynché. Son père s'est défoulé dessus d'ailleurs et ça lui a fait le plus grand bien.

En tous cas, ce que l'on peut dire c'est que l'on prend pas soin des légumes depuis 1856 sans avoir beaucoup de talent. Et ça se ressent particulièrement sur cette ratatouille. Et là, si Francis-Rodolphe Cassegrain me lit, je tiens à lui préciser que sa ratatouille se marie parfaitement avec un "Château l'Azile" de treize ans d'âge qui lui fait ressortir toute la saveur des légumes qui éclate au palais.

Le Blood Quartet, en entame de la cuvée de la semaine, a trop saigné et apparemment aussi trop rôdé du côté de Barcelone, et c'est une pure joie de retrouver la trompinette de poche de l'ex-bassiste de Mars Mark Cunningham, qui n'a apparemment rien à voir avec la légende du bodysurf. Le 1er opus du combo belgo-norvégien Warped Dreamer est aussi touffu que le cv de ses quatre membres désarticulés, et là encore la trompette de la renommée clignote de mille feux. La caravane cosmique du collectif post-hippy de Saarlouis Datashock est de retour, et on est ravis parce qu'on était sans nouvelles depuis au moins deux révolutions. Le Bureau B d'Hambourg a ouvert une nouvelle subdivision pour provoquer des rencontres inédites et les frottements percussions/électronique entre Sven Kacirek & Thomas Klein sont particulièrement inouïs en effet.

Shane Parish d'Ahleuchatistas et Tashi Dorji du Bhoutan sont fort occupés en cette fin d'année eux aussi, ce qui ne les empêche pas de se taper le bœuf sans faire l'âne dans leur salon d'Asheville. Geir Sundstol, le Ry Cooder de Bergen, taquine ses national et pedal steel guitares, le dobro et le sitar, entre country-folk et impro-free, et rien de surprenant à retrouver ses volutes embarquées chez Hubro. Reid Karris de l'Illinois explore la guitare préparée avec la précision d'un entomologue. Il y a un tout juste un an, Anthony Child alias "Surgeon" s'était fendu de sessions assez fameuses enregistrées sur synthé analogue Music Easel de la firme Buchla dans la jungle Maui, la seconde session enregistrée derechef un an plus tard in situ est tout aussi luxuriante. Le nouvel opus du projet Cindytalk de la(le) vétéran écossais(e) Gordon Sharpe atteint le même degré d'abrasivité que les précédents, entre crépitements de spoken words et musique concrète, et la musique traditionnelle de Rashad Becker fait elle aussi une fois de plus merveille.

Peter Evans en bouche un coin à Maurice André et nous laisse bouche bée devant tant d'abnégation virtuose. Le Peter Kowald Quintet sévissait vers 1972-73 dans la fire music kanal historique, et c'est un chouette cadeau de fin d'année de Trost-Cien Fuegos de nous avoir remastérisé-réédité cette belle galette FMP. A la même époque le collectif Ak Musick du méconnu Hans Kumpf pratiquait le même genre d'expérience mentale, et là encore c'est un cadeau inespéré dû aux bons offices de Guerssen, excellente marque de Catalogne spécialisée en rééditions de bizarreries sucrées psyché-progressives-impro-free des années 60-70, et on ne remerciera jamais assez Mr. Fuzzy Stéph' de Stoned Circus pour cette délicate attention, ¡ Aprovecha la paz compadre ! Enfin, ultime hommage douloureusement nécessaire à l'inventeur de l'œuf kinder, on termine comme de juste cette version customisée de l'Azile avec notre sélection spéciale fourrée aux bonux.

Si vous sentez une trompette dans votre âme, le souffle de l'Azile est entré chez vous





mercredi 21 décembre 2016

L'AZILE LE PLUS SÛR - ETAGE 13 PORTE 14 - La Danse des Tonneaux Brisés

La fin d'année approchant à grands pas, nous aussi à l'Azile on s'est dit qu'il fallait enfin vous apporter la bonne nouvelle et ce, et comme de juste, à grand renfort d'enfumage, de bâtons de pluie, et de mantras positifs démultipliés par la magie du podcast s'il vous plait, sans omettre bien sûr les bonux de cette version deluxe pour mieux faire durer le plaisir et finir en apothéose.

Le nouveau combo qui réunit Thalia Zedek, Jason Sanford de Neptune & Gavin McCarthy est tellement effervescent qu'il s'est tout bonnement fait appeler "E", et il manquerait plus que E se présente également à la présidentielle pour couronner le tout. Initié à l'orée des années 2000, le Scorch Trio n'a rien perdu de sa superbe, même s'il s'est depuis délocalisé aux States et amputé d'un membre pour s'en adjoindre finalement un quatrième, pour toujours plus de fire music. Le duo Roji entre Gonçalo Almeida & Jörg A. Schneider témoigne de cette belle vitalité de la nouvelle scène européenne impro-free qui navigue entre le Portugal, l'Allemagne, l'Angleterre et les Pays-Bas, et comme Colin Webster s'époumone avec eux, on ne peut que se jeter dessus les yeux fermés ! Otomo Yoshihide se fait un chouia plus avare en nouvelles galettes ces derniers temps, mais on vous a quand même retrouvé sa trace sur un chouette live à Tokyo publié au printemps dernier.

En cette fin d'année, on est ultra ravis du grand retour de Rashad Becker, et ses glissandi synthétiques cousus main sont toujours aussi magistralement divins. Eli Keszler enchante également les cœurs des petits et des grands avec son nouveau solo, d'une intensité frénétique proprement abyssale. La légende des musiques concrètes outre-Atlantique Tod Dockstader, illustrateur légendaire pour Tom & Jerry ou Mr. Magoo, complète le tableau avec des pièces enregistrées de son vivant, mais jamais éditées jusqu'ici. Le projet Fenêtre Ovale d'Eve Risser, Joris Rühl & Karl Naëgelen réinvente les stratégies obliques de l'impro par le trou de la serrure, et on est plus que ravis de réentendre le lithophone de Thomas Gouband sur le tome 2. Jean-Luc Guionnet est tout aussi pertinent au sax que sur lutherie organique, et aussi royal sur disque qu'en live. L'Ensemble Phoenix de Bâle n'en est pas à son galop d'essai dans l'interprétation contemporaine des fralés des musiques expé, et cette rencontre avec Jérôme Noetinger de Metamkine n'en est que plus haute en couleurs, d'autant qu'on y retrouve les frangins Buess de l'ancien combo 16-17. Tod Dockstader referme le cortège avec un revenez-y de ses compos électroacoustiques des années 60.

Pour avoir l'abricot en folie après le solo de mandoline, pressez sans bourse délier l'Azile





dimanche 11 décembre 2016

L'AZILE LE PLUS SÛR - ETAGE 13 PORTE 13 - Minute Papillon

Ca y est ! On arrive presque en décembre. Traditionnellement, plein de gens vont, dès ce week-end, décorer le sapin de noël de guirlandes, de boules, et d'illuminations de toutes les couleurs de la vie pour la plus grande joie des enfants.

Ce que les gens ignorent c'est qu'aujourd'hui, leurs enfants en ont marre d'entendre à ce moment, Tino Rossi ou bien les arrivistes qui se sont succédé depuis quarante ans avec leurs disques de noël. Les enfants veulent entendre Pierre Henry, Dominique Grimaud, Kraftwerk, Bérurier Noir, Faust, Karlheinz Stockhausen, Didier Super ou Ludwig von 88.

Les plus mélomanes d'entre eux ne rechignent pas à écouter un Jean-Claude Risset ou un Pauline Oliveros pour leur rendre hommage. Ils sont, bien sûr, tous les deux au programme de ce XIIIème épisode. Alors, chers parents, entendez les volontés de vos enfants et décorez le sapin en mettant l'Azile de la semaine. Vous verrez que cette livraison hebdomadaire de curiosités automnales nous conduit cette fois de Portland à Héraklion, avec quelques circonvolutions excentriques autour de San Francisco dans les années 60, ce qui ne peut pas nuire, me direz-vous.

Jungle Nausea, side-project de Smegma, combinait post & art punk assez allègrement vers 1982-84, avec force instruments-maison et noise bondissante. Die Krupps met les petits plats dans les grands chaudrons de la Ruhr, pour une fondue revival de sa "Stahlwerksinfonie" en compagnie des gens de Faust, Pyrolator et Mani Neumeier de Guru Guru, et une pointe d'Einstürzende Neubauten pour relever le potage. Le 45 tours de Paul H. Williams est un genre d'OSNI enregistré dans une chambre de bonne sur cassette en 81, à classer entre The Normal & Throbbing Gristle, et inspiré comme de juste par la SF post-apocalyptique de sir J.G. Ballard. Le nouvel opus du combo islandais Amiina prend un air sombre de musique nouvelle à la Teho Teardo pour illustrer le Fantômas de la Belle Époque.

Après son décoiffant "Haircut", TOC est de retour cette fois avec une fanfare apocalyptique lilloise The Compulsive Brass, dans laquelle on retrouve quelques têtes bien connues. Après Intersystems dont on vous avait abondamment causé l'an dernier, Syrinx, l'autre projet du pionnier du Moog canadien John Mills-Cockell, refait surface avec une intégrale doublée d'inédits. Eli Keszler, le virtuose des crotales et des fourmillements sur caisse claire combinés à de l'électronique en miroir, s'est fendu d'un solo bien fractal  dont il a le secret. Dark Entries, le label de San Francisco, continue de nous alimenter en bizarreries de la fin 70-début 80, et cette fois Λένα Πλάτωνος ou Lena Platonos, la diva des musiques électroniques grecques, un genre de croisement entre Laurie Anderson, Björk et Bob Ashley, et une seconde réédition de ses frasques avant sa retraite anticipée à l'HP.

Feu Pauline Oliveros ne faisait pas qu'animer des bœufs impro avec son accordéon musette en intonation juste et tout le gratin des musiques expé depuis plus de 50 ans, elle a aussi laissé son empreinte comme l'une des pionnières des musiques électroacoustiques minimalistes les plus sauvages, et c'est pourquoi on lui rend un hommage appuyé avec un classique de derrière les fagots enregistré comme de juste au Tape Music Center dans les années 60. Hasard de l'actu, Jean-Claude Risset, le pionner de la synthèse sonore sur ordi, lui aussi a décidé de faire voile vers le soleil, dans une trajectoire qui l'aura conduit des laboratoires Bell jusqu'à aller s'enterrer sous Beaubourg. On se termine sur une note un chouia plus guillerette avec du bon free lusitanien, et le Motion Trio de Rodrigo Amado, remonté comme un coucou prêt à pondre chez vous, sans compter les substantifiques bonux pour rassasier tout le monde avant le prochain épisode.

Avec la réverbération azilaire, évitez que l'air qui vous trotte derrière la tête ne vous descende dans le derrière




dimanche 4 décembre 2016

L'AZILE LE PLUS SÛR - ETAGE 13 PORTE 12 - Et tant d'autres choses encore

En voyage officieux en Azile, Donald Trump, a dû faire rapidement face à sa notoriété et s'est aperçu qu'il n'était pas possible de rester incognito bien longtemps.

Du coup, il a enfilé sa tenue de camouflage préférée. Celle qui lui sert habituellement à frapper les pauvres dans les rues sans se faire identifier, tel un super héro actuel.

Une énième bonne idée du prochain Président of the United States of America. D'ailleurs, Monsieur Trump partage beaucoup d'idées avec nous, à l'Azile. A tel point que lui et notre président vont échanger leurs idées afin de développer un programme mondial sur le respect d'un plus grand mépris des pauvres et des étrangers pour un monde meilleur.

En attendant, vous pouvez écouter en toute quiétude ce XIIème volet de cette XIIIème saison de l'Azile le + sûr. Sa publication sur le blog a mis du temps à venir. Temps normal du deuil de Jean-François Copé. Regrets éternels. Salut, l'artiste !

Au programme, et pour faire court et archi-efficace : le nouveau Spaceheads se télescope avec le Renaldo & The Loaf tout nouveau au goût de banane qu'on n'attendait plus, pour une spéciale dédicace au Fab'. Le crooner tellurique Tazartouille rencontre deux nouveaux potes polonais, et ils se racontent des histoires abominables à cracher dehors. On observe une minute de bruit blanc à la mémoire du big boss de Musique Action, Dominique Répécaud, activiste indéfectible des musiques de traverse internationales qui nous a tiré sa dernière révérence.

Léonore Boulanger nous inquiète de plus en plus, car plus rien ne l'arrête. Outre, son nouvel opus déjà très chamarré avec ses camarades de jeu habituels, elle chante maintenant le perse à merveille aux côtés de Maam-Li Merati chez les belges d'Okraïna. Delphine Dora est tout aussi boulimique qu'inarrêtable, bien qu'un poil plus gothique. In-Poly-Sons fête à sa manière l'élection américaine, sur un work-in-progress qui va les mener on ne sait où, surtout avec les pistons bientôt sur cylindres du père Bastien. Mai Mai Mai aime beaucoup les ruines antiques et la polenta bien relevée, à l'image du nouvel opus chez Boring Machines.

Ce qu'il y a de chouette avec les disques, c'est qu'on peut participer à des concerts sans se déplacer, par exemple au fameux Cafe Oto de Londres avec miss Okkyung Lee & Christian Marclay, qui eux y étaient forcément le 25 Avril 2014 à 21h30, je m'en souviens d'ailleurs comme si c'était hier. A l'enregistrement d'Hastings Of Malawi, ce side-project du proto-Nurse With Wound aussi on y était, surtout qu'à l'époque on écoutait plutôt en boucle "Just Can't Get Enough" et "les Lacs du Connemara", du coup on est fort ravis de cette juste remise à l'heure des pendules et de cette salutaire réédition Sub Rosa. Enfin Sébastien Roux s'acoquine aux brocolis pour une cover du Xème quatuor de Ludwig van Beethoven, que Pierre Henry lui-même n'aurait pas osée. Et comme de juste, la maison régale avec ses restachou bonuxiens, dans le cadre de notre politique anti-gaspi.

Avec l'Azile, goûtez au prix du silence et de la folie qui se danse




                                   DONALD TRUMP EN TENUE DE CAMOUFLAGE 

mercredi 23 novembre 2016

L'AZILE LE PLUS SÛR - ETAGE 13 PORTE 11 - Blindage Caractériel

Depuis cette semaine, une nouvelle recrue a rejoint l'Azile. Il s'agit de la célèbre chargée de communication russe Briga Bogdanova. On l'a engagée pour s'occuper de la campagne de notre petit protégé, Emmanuel Moncon, pour l'élection à la présidentielle de l'Azile l'an prochain.

Cela n'a pas été évident de la convaincre car elle n'a pas l'habitude de s'occuper de mauviettes au charisme d'agent administratif. Mais finalement, à force de zéros sur le chèque, nous y sommes parvenus.

Elle a déjà revu son programme de A à Z et je peux vous dire que l'on pourra confondre Emmanuel Moncon avec le Père Noël. Sans trop dévoiler les petits secrets de campagne, je peux vous annoncer qu'il se pourrait qu'il nous propose le retour du Crous mag ! Je sais ça semble incroyable, tellement cela donne l'impression de vivre un rêve éveillé. Mais voila la  première mesure que Monsieur Moncon proposera.

Briga Bogdanova s'occupe également de son slogan de campagne mais pour l'instant chuuuuuuutttt ! Laissons-les travailler ensemble tout en écoutant l'Azile de la semaine qui, grâce au spectaculaire décalage spatio-temporel de sa mise en ligne, a été missionné pour graver une bande sonore rafraichissante afin d'accompagner le voyage des 6 astronautes compressés dans les 2,5 mètres de leur capsule Soyouz, jusqu'à l'amarrage à la station spatiale après 30 tours complets du propriétaire. Car oui, l'Azile résonne dans les coeurs depuis les steppes du Kazakhstan jusqu'au Cosmos, et on est émus jusqu'aux larmes à la pensée de ces cerveaux téméraires habités par toutes ces musiques qui les portent.

Le trio Ava Mendoza, Maxime Petit et Will Guthrie fricote ensemble depuis quelques deux-trois ans, mais n'avait pas pris le temps d'en informer les autorités tabloïdiques, chose avouée est à moitié réparée... Autre ménage à trois, la danoise la plus excitante du moment : Mette Rasmussen s'est entichée elle de Chris Corsano avec qui elle a abondamment tourné ces deux dernières années, et ils sont rejoints par l'autre partenaire régulier de Corsano : Paul Flaherty, le gars qui souffle comme un dératé dans sa tuyauterie depuis plus de 40 ans sans jamais s'y prendre la barbichette. La semaine dernière, nous vous parlions du jeune combo Boujeloud, depuis nous sommes ravis d'annoncer qu'ils ont gagné un Music Award danois dans la prestigieuse catégorie "Årets Danske Særudgivelse", comme quoi l'Azile a bien été entendu. La Country Music de Tilth ne passera jamais chez Georges Lang, et c'est fort dommage car leur post-rock racé y aurait fait merveille pour les sans-sommeils.

Le premier septennat de Pink Floyd fut tout aussi passionnant qu'équilibré entre pop psychédélique et expérimentations, et le nouveau coffret fleuve "Early Years 1965-1972" permet de remettre les pendules à l'heure et de découvrir tout un pan d'inédits, chûtes, live rares etc., agrémentés de l'iconographie nécessaire, sans compter les indispensables images stroboscopiques d'époque. Le duo Body/Head de l'ex-Sonic Youth Kim Gordon avec l'immense Bill Nace sait faire ronfler les amplis fender comme on aime, autant que Phil Todd d'Ashtray Navigations sait manier le drone psyché avec maestria mais sans allusion mal placée à Fillon. La diva stambouliote Gaye Su Akyol excelle dans le registre psyché country-western oriental, avec sa voix à faire fondre les météorites. Friends & Neighbors distille un genre de free jazz mélodique d'influence Colemano-Sheppo-Pharoah Sandersienne, et une fois de plus, c'est une émanation éruptive en direct du maelström d'Oslo. La bay area de San Francisco se défend pas mal non plus dans le registre, avec trois nouveaux improvisateurs réunis autour du vétéran de Chicago Frank Rosaly, et c'est un coup de maître de l'indispensable marque de Vilnius NoBusiness. Trance Map d'Evan Parker & Matt Wright c'est une vieille histoire, et ça fait plaisir de les réentendre avec du sable entre les orteils, et pas mal d'autres énergumènes échoués sur la plage ensoleillée de Ramsgate dans le Kent, sur cette archive du Contra Pop Festival 2015. Le délicat Overtone Ensemble fait chanter les bols, et à l'instar de l'ami Ricoré il arrive toujours au bon moment, comme la séquence bonux tant attendue par les plus goulu(s) d'entre vous.

Pour dompter le courage tranquille de la volonté et atteindre la force de la vérité avec le niveau de conscience du système nerveux en plein vol yogique, adoptez le parti de l'Azile




BRIGA BOGDANOVA