Comme chacun sait, à l'Azile on a fait nôtre le précepte de la Liberté
de n'arriver jamais à l'heure. En revanche, conseillés par quelques
éminences grises de l'UPR, on s'est dit qu'il était de notre devoir de
remettre vos portugaises au travail avec détermination et cette nouvelle
série de joyeusetés progressistes aussi baths qu'entièrement chanmées.
On r'attaque donc cette semaine rétro-futuriste avec Lily, Ani, Nina, qui représentent 1/3 chacune des Palberta,
certainement le riot grrl band le plus chtarbé déglingos qu'ait pu
enfanter la côte Est des Etats-Unis depuis les Shaggs, et c'est pas leur 7ème opus qui va contredire leurs précédents. On Fillmore
fait le pont entre les enfants terribles du post-rock Glenn Kotche
& Darin Gray et les ambiances tropicales de Rio de Janeiro. News
From Babel était un combo éphémère de Cold Storage, qui réunissait entre
83 et 86 les compo de Lindsay Cooper & les textes croquignolesques
de Chris Cutler et pas mal de leurs potes, dont Zeena Parkins qui reprend du service avec sa harpe préparée tiraillée par l'électronique. Dans la série nouveau venu, The Newcomer se pose là avec son 1er EP sous cet alias, qui convoque entre autres noms célèbres entre Reich, Kuti & tutti frutti.
Le synthé analogue est devenu totalement in jusqu'aux cercles des plus
noiseux, à l'image du duo La Gueule Du Loup, une battle de patches de
synthés modulaires captée comme de juste aux studios GRM entre Eryck Abecassis & Francisco Meirino. On fait enfin connaissance avec Marcus Fjellström,
grand bidouilleur de textures cauchemardo-kafkaïo-paranoïaques avec
orchestres fantômes, dans la grande tradition de la spectralité du
phonographe des Carpathes.
De manière un poil plus guillerette, le grand orchestre d'impro Splitter Orchester est passé à la moulinette des filtres du sorcier Felix Kubin, avec ces loops de piano en variations syncopées de blurps electro sur la face B d'un split bien balancé. Jamais à court de tartes à la crème, le big band contemporain Zeitkratzer s'attaque aux plots rouge et vert de la célèbre centrale électrique,
mais ne semble pas entièrement mûr pour emprunter l'autoroute de la Ruhr
en tandem. Toujours aussi anguleux, le quintet londonien Led Bib
se bonifie comme l'Azile avec le temps, contrairement aux notes de
Pénélope, me direz-vous. On est littéralement scotchés par la richesse
harmonique de la gratte customisée de l'ex-Crystallized Movements et
Primordial Undermind Eric Arn,
disciple de John Fahey exilé en Autriche. Et pour se remettre dans le
droit trip du fil mélangé aziloscopique, on se termine avec la séquence
de bonux aussi hypnagogiques que rafraîchissants, que vous attendez
toutes et tous en bondissant sur vos sièges.
Pour préparer le printemps des peuples, participez au grand nettoyage du fond des combles de l'Azile
m
lundi 20 mars 2017
samedi 18 mars 2017
L'AZILE LE PLUS SÛR - ETAGE 13 PORTE 22 - Au Long Des Tuyaux Gicleurs Du Hasard
A chaque jour suffit son Azile et, après avoir ingurgité sans succès
plusieurs litres de sève de bouleau fraîche, vous devriez être mûrs pour
vous ouvrir les émonctoires avec ces nouvelles aventures.
Tyll, le side-project inconnu au bataillon de Günter Klinger d'Eulenspygel, est une sacrée curiosité du rock choucroute kanal hystérique, qui méritait franchement de reprendre du service. Les architectures occultes du combo psyché de Portland Moon Duo sont bien chargées comme à leur habitude. Dans le registre synthwave industriel Circuit Breaker se pose là mais aussi au Bar'Hic, tandis que nos Konstrukt préférés font une nouvelle fois bouillonner leur jazz en fusion, et le CP Unit éructe à souhait son free-rock mâtiné d'avant-jazz.
La girafe de Sir Simon Fisher Turner tord le cou d'à peu près tout ce qui peut sortir en matière de musique d'ameublement electroacoustische, de même que le nouvel UnicaZürn des vieux briscards David Knight & Stephen Thrower. Côté salon d'hiver, Ruth & Xavier soufflent le chaud et le froid sur le nouveau Winter Family, alors que l'inénarrable Jacques Brodier est toujours aussi constant dans la sagesse médusée par la saturation de ses ondes courtes.
Couac n'entretient aucun lien de parenté avec Les Couac-Couac ni même d'ailleurs avec Pénélope, non il s'agit d'une rencontre au sommet entre la poésie pneumatique de Sébastien Lespinasse plombée par la basse gélatineuse d'Heddy Boubaker. Skullflower nous sert du drone-power bien gras et visqueux pour machine à laver, et on écouterait ça des heures en lotus. Enfin, le combo Switchback est de retour avec ses excellentes volutes de jazz frites pour nettoyer les cages à miel avant l'Eurovision. Et pour mieux en finir sans finir de dépasser la dose prescrite, pour tout Azile en ligne, nous vous offrons pas moins de 25% de bonux en prime.
Pour écouter à travers les nuées de signaux et les grésillements du présent le bruit du grand large et faire flamber les crêpes, mettez l'Azile
Tyll, le side-project inconnu au bataillon de Günter Klinger d'Eulenspygel, est une sacrée curiosité du rock choucroute kanal hystérique, qui méritait franchement de reprendre du service. Les architectures occultes du combo psyché de Portland Moon Duo sont bien chargées comme à leur habitude. Dans le registre synthwave industriel Circuit Breaker se pose là mais aussi au Bar'Hic, tandis que nos Konstrukt préférés font une nouvelle fois bouillonner leur jazz en fusion, et le CP Unit éructe à souhait son free-rock mâtiné d'avant-jazz.
La girafe de Sir Simon Fisher Turner tord le cou d'à peu près tout ce qui peut sortir en matière de musique d'ameublement electroacoustische, de même que le nouvel UnicaZürn des vieux briscards David Knight & Stephen Thrower. Côté salon d'hiver, Ruth & Xavier soufflent le chaud et le froid sur le nouveau Winter Family, alors que l'inénarrable Jacques Brodier est toujours aussi constant dans la sagesse médusée par la saturation de ses ondes courtes.
Couac n'entretient aucun lien de parenté avec Les Couac-Couac ni même d'ailleurs avec Pénélope, non il s'agit d'une rencontre au sommet entre la poésie pneumatique de Sébastien Lespinasse plombée par la basse gélatineuse d'Heddy Boubaker. Skullflower nous sert du drone-power bien gras et visqueux pour machine à laver, et on écouterait ça des heures en lotus. Enfin, le combo Switchback est de retour avec ses excellentes volutes de jazz frites pour nettoyer les cages à miel avant l'Eurovision. Et pour mieux en finir sans finir de dépasser la dose prescrite, pour tout Azile en ligne, nous vous offrons pas moins de 25% de bonux en prime.
Pour écouter à travers les nuées de signaux et les grésillements du présent le bruit du grand large et faire flamber les crêpes, mettez l'Azile
vendredi 17 mars 2017
L'AZILE LE PLUS SÛR - ETAGE 13 PORTE 21 - L'Enclume des jours
Alors qu'en ce mois de mars, on finissait par se demander si les
Depeche Mode ne finiraient pas eux aussi par rejoindre Macron, fin
janvier on en était encore à compter les frais de la princesse rincée
sans un fifrelin d'effort ni fatigue du manoir de Beaucé. Fort
heureusement à l'Azile on garde bien au frais nos notes, pour mieux vous
les ressortir et faire mouche le moment venu.
Avec Le Soleil Sortant De Sa Bouche font bien partie du renouveau québécois, mais rassurez-vous ! pas dans le mode beuglant qui sévit dans nos contrées depuis plus de 40 ans. Ze very big ricorde of da week est sûrement dû cette fois-ci au CP Unit, réuni par l'extraordinaire Chris Pitsiokos toujours, presque aussi bon que la pochette est laide. Y Pants était un combo entièrement féminin et d'obédience post-punk / nowave, avec un son bien trempé dans le vitriol, mais qui était promis à la désintégration rapide, ce qui nous empêchera pas de les redécouvrir autant que faire se peut. A l'Azile aussi on aime danser le jabadao auvergnat, au son des manivelles et autre solo de cabrette de La Baracande, issu de l'inénarrable collectif La Nòvia.
Après un AAHH!! qui nous avait comblé d'aise, nous ne lésinerons pas à pousser un énorme RAAAH!! lovely, à l'écoute du second Dominique Grimaud & Véronique Vilhet, publié sur l'indispensable consortium brut In-Poly-Sons, et dont le pitch pourrait être quelque chose comme : un certain sentiment des îles fantasmatiques sans Antoine, mais non dénué de quelques popcorns. Marion Cousin & Gaspar Claus font nettement plus sobre, dans la mélopée de chansons de geste et autres mignardises courtoises de Minorque et Majorque.
Led Bib cassent la baraque avec un punk-jazz sur orbite, à ranimer les foules en pleine syncope à la manif pour tous. Angles 9, le combo de Martin Kuchen, a beau s'époumoner façon Liberation Music Orechestra, aucun risque qu'ils représentent la Suède au concours de l'Eurovision encore cette année. Quant aux derviches australiens The Necks, on ne peut que se demander ce qui les pousse encore à agir de la sorte, avec ces compos cycliques à vous filer le tournis en dansant à l'envers comme dans le délire des bals musette, comme disait le Mômô. Et suivant les recommandations de Pénélope, on vous a gardé une poire pour la soif, avec quelques valises cachées de bonux inédits, pour arroser les esgourdes de vos amis au passage.
Si vous êtes dénué(e) de tout sens commun et que votre morale est tapie au fond d'une forestière, l'Azile est entièrement à votre écoute
Avec Le Soleil Sortant De Sa Bouche font bien partie du renouveau québécois, mais rassurez-vous ! pas dans le mode beuglant qui sévit dans nos contrées depuis plus de 40 ans. Ze very big ricorde of da week est sûrement dû cette fois-ci au CP Unit, réuni par l'extraordinaire Chris Pitsiokos toujours, presque aussi bon que la pochette est laide. Y Pants était un combo entièrement féminin et d'obédience post-punk / nowave, avec un son bien trempé dans le vitriol, mais qui était promis à la désintégration rapide, ce qui nous empêchera pas de les redécouvrir autant que faire se peut. A l'Azile aussi on aime danser le jabadao auvergnat, au son des manivelles et autre solo de cabrette de La Baracande, issu de l'inénarrable collectif La Nòvia.
Après un AAHH!! qui nous avait comblé d'aise, nous ne lésinerons pas à pousser un énorme RAAAH!! lovely, à l'écoute du second Dominique Grimaud & Véronique Vilhet, publié sur l'indispensable consortium brut In-Poly-Sons, et dont le pitch pourrait être quelque chose comme : un certain sentiment des îles fantasmatiques sans Antoine, mais non dénué de quelques popcorns. Marion Cousin & Gaspar Claus font nettement plus sobre, dans la mélopée de chansons de geste et autres mignardises courtoises de Minorque et Majorque.
Led Bib cassent la baraque avec un punk-jazz sur orbite, à ranimer les foules en pleine syncope à la manif pour tous. Angles 9, le combo de Martin Kuchen, a beau s'époumoner façon Liberation Music Orechestra, aucun risque qu'ils représentent la Suède au concours de l'Eurovision encore cette année. Quant aux derviches australiens The Necks, on ne peut que se demander ce qui les pousse encore à agir de la sorte, avec ces compos cycliques à vous filer le tournis en dansant à l'envers comme dans le délire des bals musette, comme disait le Mômô. Et suivant les recommandations de Pénélope, on vous a gardé une poire pour la soif, avec quelques valises cachées de bonux inédits, pour arroser les esgourdes de vos amis au passage.
Si vous êtes dénué(e) de tout sens commun et que votre morale est tapie au fond d'une forestière, l'Azile est entièrement à votre écoute
jeudi 16 mars 2017
L'AZILE LE PLUS SÛR - ETAGE 13 PORTE 20 - L'Ecume des choses
Il y a quelques jours encore un non-candidat à la Présidentielle nous enchantait d'un : " la Liberté doit pulser du terrain "... Eh bien oui ! nous aussi nous oserons vous l'affirmer ici haut et fort : " n'ayez pas peur, avec l'Azile, la Liberté ça mégapulse ".
Pour vous faire un topo de la situation de cette semaine qui, il est vrai, date quelque chouia un peu, Dutch Futurismo c'est vraiment le genre de tuerie qu'on attendait pas : de l'hongrois arty façon Tambours du Bronx en mode M(egaH)erz, pour faire chavirer Kurt Schwitters et Hugo Ball, et tout ça comme de juste sur un label psyché-noise finnois. Cavalier Song nous permettrait sans doute de faire d'affreux jeu de mots, mais on n'osera pas, d'autant que ce split avec Agathe Max nous donne franchement la banane.
Deux heures avant de prendre cette antenne, nous étions consternés par la disparition soudaine du sorcier de la transe polyrythmique, l'immense Jaki Liebezeit, dont la pulsation marquera longtemps les esprits, sauf bien sûr ceux des fans de JJG. La marque britannique Discrepant continue de produire des disques tout aussi impossibles que parfaitement ciselés, à l'image de cette anthologie des expérimentations contemporaines lusitaniennes. Victor Herrero tord le cou à quelques idées fausses et sa coimbra à 12 cordes de manière ultra sympathique et non idiomatique.
Richard Pinhas inverse ses cartes du tarot, pour mieux s'immiscer dans les plis de son art le plus intrinsèque, ce qui nous donne l'occasion de vous servir ce genre d'ineptie ! La nouvelle pépite du combo de Chicago Ballister, saisie à point et sur le vif comme de juste au Café Oto, est un feu nourri alimenté par la tuyauterie chauffée au rouge de Mr. Dave Rempis. Les Cozmic Corridors font partie de la grande légende dorée de la kosmischön musik. Passez la Forêt Noire à la nuit tombée, ils sont là de retour ! Et les méga-bonux tout frais et moulus aussi pour célébrer le retour de votre Azile chéri.
Il y a des soirées où l'on a envie de rien faire, grâce à l'Azile
Pour vous faire un topo de la situation de cette semaine qui, il est vrai, date quelque chouia un peu, Dutch Futurismo c'est vraiment le genre de tuerie qu'on attendait pas : de l'hongrois arty façon Tambours du Bronx en mode M(egaH)erz, pour faire chavirer Kurt Schwitters et Hugo Ball, et tout ça comme de juste sur un label psyché-noise finnois. Cavalier Song nous permettrait sans doute de faire d'affreux jeu de mots, mais on n'osera pas, d'autant que ce split avec Agathe Max nous donne franchement la banane.
Deux heures avant de prendre cette antenne, nous étions consternés par la disparition soudaine du sorcier de la transe polyrythmique, l'immense Jaki Liebezeit, dont la pulsation marquera longtemps les esprits, sauf bien sûr ceux des fans de JJG. La marque britannique Discrepant continue de produire des disques tout aussi impossibles que parfaitement ciselés, à l'image de cette anthologie des expérimentations contemporaines lusitaniennes. Victor Herrero tord le cou à quelques idées fausses et sa coimbra à 12 cordes de manière ultra sympathique et non idiomatique.
Richard Pinhas inverse ses cartes du tarot, pour mieux s'immiscer dans les plis de son art le plus intrinsèque, ce qui nous donne l'occasion de vous servir ce genre d'ineptie ! La nouvelle pépite du combo de Chicago Ballister, saisie à point et sur le vif comme de juste au Café Oto, est un feu nourri alimenté par la tuyauterie chauffée au rouge de Mr. Dave Rempis. Les Cozmic Corridors font partie de la grande légende dorée de la kosmischön musik. Passez la Forêt Noire à la nuit tombée, ils sont là de retour ! Et les méga-bonux tout frais et moulus aussi pour célébrer le retour de votre Azile chéri.
Il y a des soirées où l'on a envie de rien faire, grâce à l'Azile
lundi 20 février 2017
L'AZILE LE PLUS SÛR - ETAGE 13 PORTE 19 - Un Faux Air De Campagne
Pour ce nouveau numéro, on nage encore une fois en pleine
science-fiction, ce qui ne nous empêche pas de continuer de battre
mordicus la campagne contre vents solaires et marées montantes lunaires,
parce qu'il est de Notre Devoir de convaincre le Peuple de l'Azile.
Le nouvel Arto Lindsay s'inscrit peu ou prou dans la lignée des Mundo Civilizado et autres Noon Chill : de la bossa trafiquée à base de textures électroniques et d'hypnogrooves, ce qui est plutôt rassurant par les temps qui courent. Autre "valeur sûre", Little Annie Bandez ou Annie Anxiety covoiturait début 80 avec les gens de Crass, et la marque américaine Dais, spécialisée dans les joyeusetés rétro post-punks industrielles, s'est entichée de nous faire redécouvrir cet attelage. Quand c'est Cummi Flu, c'est qu'y a un loop... Fini son glorieux Temps X, le belge s'essaye cette fois à la génération Y, et toujours avec son pote danois Raz Ohara. Aussi curieux que l'Étrange Monsieur Duvallier, monsieuRdurand réapparaît en face B d'un petit disque noir sur la grande firme perpignanaise Cougouyou Music.
En 1971, en pleine région lombarde, Il Signor Sciascia, boss du label de librairie sonore Vedette, s'essayait à l'art de la fugue distordue sur le scintillant VCS3 - Synthi A, et le moins qu'on puisse dire, pour rendre à César ce qui appartient à Armando, c'est que le soufflet des oscillateurs n'est toujours pas redescendu. Le proliférant batave Rutger Zuydervelt s'est lancé dans la conquête spatiale dans son salon avec, une fois n'est pas coutume, une authentique musique d'illustration de jeu vidéo.
Au Havre, le martien de service Jacques Brodier pratique au fond de son garage l'art de la "Table de Situation Luminique Autoréférentielle", communément appelée le "Filtre de Réalité", appareillage plus efficace qu'un détecteur de mensonges sarthois à la Maison Blanche. Le Muxama c'est du thon séché pour l'apéro au Portugal, mais à vrai dire on ne voit pas trop le rapport avec le tout dernier Norberto Lobo, si ce n'est que lui aussi est portugais... L'indispensable étiquette brusselloise Okraina nous présente quelques histoires bien tordues du méconnu poète du Massachusetts David Greenberger en compagnie de Glenn Jones & Chris Corsano, et ça envoie du steak plus consistant que de la rillette de crabe. Le même Corsano se démène comme un beau diable aux côtés du somptueux pianiste ravageur irlandais Paul G. Smyth, tandis que John Dikeman de feu Cactus Truck croise le fer de ses tuyaux chauffés à blanc avec la triade hispanico-lusitanienne au Centro Jazz Clube de Coïmbre. On ferme le ban avec la séance d'ultimes bonux, pour aller jusqu'au bout toujours plus loin toujours plus fort.
Pour vous vacciner contre les morsures des serpents de mer, réchauffez vos couleuvres dans le sein de l'Azile
Le nouvel Arto Lindsay s'inscrit peu ou prou dans la lignée des Mundo Civilizado et autres Noon Chill : de la bossa trafiquée à base de textures électroniques et d'hypnogrooves, ce qui est plutôt rassurant par les temps qui courent. Autre "valeur sûre", Little Annie Bandez ou Annie Anxiety covoiturait début 80 avec les gens de Crass, et la marque américaine Dais, spécialisée dans les joyeusetés rétro post-punks industrielles, s'est entichée de nous faire redécouvrir cet attelage. Quand c'est Cummi Flu, c'est qu'y a un loop... Fini son glorieux Temps X, le belge s'essaye cette fois à la génération Y, et toujours avec son pote danois Raz Ohara. Aussi curieux que l'Étrange Monsieur Duvallier, monsieuRdurand réapparaît en face B d'un petit disque noir sur la grande firme perpignanaise Cougouyou Music.
En 1971, en pleine région lombarde, Il Signor Sciascia, boss du label de librairie sonore Vedette, s'essayait à l'art de la fugue distordue sur le scintillant VCS3 - Synthi A, et le moins qu'on puisse dire, pour rendre à César ce qui appartient à Armando, c'est que le soufflet des oscillateurs n'est toujours pas redescendu. Le proliférant batave Rutger Zuydervelt s'est lancé dans la conquête spatiale dans son salon avec, une fois n'est pas coutume, une authentique musique d'illustration de jeu vidéo.
Au Havre, le martien de service Jacques Brodier pratique au fond de son garage l'art de la "Table de Situation Luminique Autoréférentielle", communément appelée le "Filtre de Réalité", appareillage plus efficace qu'un détecteur de mensonges sarthois à la Maison Blanche. Le Muxama c'est du thon séché pour l'apéro au Portugal, mais à vrai dire on ne voit pas trop le rapport avec le tout dernier Norberto Lobo, si ce n'est que lui aussi est portugais... L'indispensable étiquette brusselloise Okraina nous présente quelques histoires bien tordues du méconnu poète du Massachusetts David Greenberger en compagnie de Glenn Jones & Chris Corsano, et ça envoie du steak plus consistant que de la rillette de crabe. Le même Corsano se démène comme un beau diable aux côtés du somptueux pianiste ravageur irlandais Paul G. Smyth, tandis que John Dikeman de feu Cactus Truck croise le fer de ses tuyaux chauffés à blanc avec la triade hispanico-lusitanienne au Centro Jazz Clube de Coïmbre. On ferme le ban avec la séance d'ultimes bonux, pour aller jusqu'au bout toujours plus loin toujours plus fort.
Pour vous vacciner contre les morsures des serpents de mer, réchauffez vos couleuvres dans le sein de l'Azile
lundi 6 février 2017
L'AZILE LE PLUS SÛR - ETAGE 13 PORTE 18 - Il Faut De tout Pour Faire un Monstre
Et oui, c'est bien vrai que votre Azile hebdomadaire est tout aussi
peuplé que mal fréquenté, ce que la bande que vous tenez maladroitement
entre vos mains moites et fébriles va tenter de vous prouver derechef.
L'Anarchist Republic Of Bzzz de Seb el Zin d'Ithak est bien plus qu'un super-groupe, c'est un méga super-groupe à écouter en boucle ! Le lundi c'est bien connu, c'est... c'est... Ravioli Me Away, un combo post-punk avec des nénettes so british qui déchirent. Free Salamander Exhibit, le nouveau combo d'Oakland des ex-Sleepytime Gorilla Museum, a des relents de Thinking Plague mâtinés de décompositions zapaïenne, avec un zest de metal rougi au psychédélisme de la côte ouest, sur ce 1er opus publié chez Web Of Mimicry, le label de Mr. Trey Bungle Spruance. L'hybridation entre le son du Sahel de Group Doueh et le free rock capillotracté de Cheveu sort des pistes pour mieux trouver ses propres lignes de fuites.
Côté nomadisme, le trio entre Keiji Haino, Jozef Dumoulin & Teun Verbruggen n'est pas en reste, avec un live aussi charpenté qu'éruptif. Blessed Initiative, c'est la tendance fractale de Yair Elazar Glotman alias Ketev, ce qui ne veut absolument rien dire mais on tenait quand même à insister là-dessus. Avec Lord Tang on retourne à Oakland ou plutôt dans le cosmos halluciné de sa deuxième livraison. L'ex-Dark Day Robin Crutchfield a beau se faire très discret, on a réussi à débusquer son dernier disque tout aussi mystérieux que les précédents.
Ce qu'il y a de chouette avec les Italiens, c'est qu'ils sont capables de rééditer tout ce qui dort dans les caves, et quand il s'agit d'un collectif de free-jazz de la botte de la grande époque passé inaperçu, à l'Azile on exulte ! Ce qui est le cas du Gaetano Liguori Collective Orchestra, Ze very big decouverte pas très verte de la semaine. Maninkari, le combo suisse des frères Charlot, en remet une couche dans le psychédélisme lugubre, avec une bande-son pour un court-métrage gothique. Et on repart pour un tour de tourneries avec la série de bonux croisés aux protéines fluorescentes de méduse tant attendue.
L'Anarchist Republic Of Bzzz de Seb el Zin d'Ithak est bien plus qu'un super-groupe, c'est un méga super-groupe à écouter en boucle ! Le lundi c'est bien connu, c'est... c'est... Ravioli Me Away, un combo post-punk avec des nénettes so british qui déchirent. Free Salamander Exhibit, le nouveau combo d'Oakland des ex-Sleepytime Gorilla Museum, a des relents de Thinking Plague mâtinés de décompositions zapaïenne, avec un zest de metal rougi au psychédélisme de la côte ouest, sur ce 1er opus publié chez Web Of Mimicry, le label de Mr. Trey Bungle Spruance. L'hybridation entre le son du Sahel de Group Doueh et le free rock capillotracté de Cheveu sort des pistes pour mieux trouver ses propres lignes de fuites.
Côté nomadisme, le trio entre Keiji Haino, Jozef Dumoulin & Teun Verbruggen n'est pas en reste, avec un live aussi charpenté qu'éruptif. Blessed Initiative, c'est la tendance fractale de Yair Elazar Glotman alias Ketev, ce qui ne veut absolument rien dire mais on tenait quand même à insister là-dessus. Avec Lord Tang on retourne à Oakland ou plutôt dans le cosmos halluciné de sa deuxième livraison. L'ex-Dark Day Robin Crutchfield a beau se faire très discret, on a réussi à débusquer son dernier disque tout aussi mystérieux que les précédents.
Ce qu'il y a de chouette avec les Italiens, c'est qu'ils sont capables de rééditer tout ce qui dort dans les caves, et quand il s'agit d'un collectif de free-jazz de la botte de la grande époque passé inaperçu, à l'Azile on exulte ! Ce qui est le cas du Gaetano Liguori Collective Orchestra, Ze very big decouverte pas très verte de la semaine. Maninkari, le combo suisse des frères Charlot, en remet une couche dans le psychédélisme lugubre, avec une bande-son pour un court-métrage gothique. Et on repart pour un tour de tourneries avec la série de bonux croisés aux protéines fluorescentes de méduse tant attendue.
Plus éloigner les tentacules purulents des Daleks, choisissez la lotion spéciale Azile
dimanche 5 février 2017
L'AZILE LE PLUS SÛR - ETAGE 13 PORTE 17 - Ne Pas Se Fier A Sa Couverture
MMXVII, année de la recette ou de la disette, comme vous préférez !
Comme vous n'alliez tout de même rester à vous languir bêtement tel(le)s Pénélope devant son métier à tisser, après avoir joué la fille de l'air pendant quelques semaines, voici enfin votre émission de variétés de traverse de retour en son bercail capitonné, avec la mise en boîte réglementaire et toutes les précautions d'usage qui s'imposent.
Pour braver l'espace-temps, on redémarre à hue et à dada avec le tube qui monte et qui descend d'Einstürzende Neubauten sur un nouveau pot-pourri bien senti. Le plumitif Dan Melchior continue de nous ravir avec ses solos beefheartiens en diable et son 40ème opus rugissant sous bannière Monofonus, et Richard Youngs est logé à la même enseigne, mais en nettement moins blues.
On avait connu Emmanuel Scarpa aux balais au sein de la nébuleuse Coax, cette fois il vole de ses propres ailes avec le même genre de migration empruntée par le R.I.O. canal historique. Côté essais psycho-acoustiques, la rencontre de Rapoon, projet de l'ex-Zoviet France Robin Storey, et de Pas Musique se pose là, tandis que le dernier Paul Wirkus est bien plutôt d'ailleurs, comme aurait dit l'ufologue Bachelet.
Mieux vaut jeûner avec les aigles de l'Azile que picorer des ailes de poulets devant le super bowl
Comme vous n'alliez tout de même rester à vous languir bêtement tel(le)s Pénélope devant son métier à tisser, après avoir joué la fille de l'air pendant quelques semaines, voici enfin votre émission de variétés de traverse de retour en son bercail capitonné, avec la mise en boîte réglementaire et toutes les précautions d'usage qui s'imposent.
Pour braver l'espace-temps, on redémarre à hue et à dada avec le tube qui monte et qui descend d'Einstürzende Neubauten sur un nouveau pot-pourri bien senti. Le plumitif Dan Melchior continue de nous ravir avec ses solos beefheartiens en diable et son 40ème opus rugissant sous bannière Monofonus, et Richard Youngs est logé à la même enseigne, mais en nettement moins blues.
On avait connu Emmanuel Scarpa aux balais au sein de la nébuleuse Coax, cette fois il vole de ses propres ailes avec le même genre de migration empruntée par le R.I.O. canal historique. Côté essais psycho-acoustiques, la rencontre de Rapoon, projet de l'ex-Zoviet France Robin Storey, et de Pas Musique se pose là, tandis que le dernier Paul Wirkus est bien plutôt d'ailleurs, comme aurait dit l'ufologue Bachelet.
Côté retour gagnant, Roberto Musci
faisait les choux gras des musiques nouvelles avec ses continuums ethno
trippants sur instruments indigènes mutants depuis le milieu des années
80 jusqu'à la fin des années 90, et ça fait donc ultra plaisir de le
voir se raccrocher aux branches de l'actualité avec une anthologie de
derrière les fagots. Le mythique combo d'impro live-elektronische
intuitif Musica Elettronica Viva
renaît également de ses cendres avec une perf' à Victo au Canada pour
fêter les 50 ans du groupe qui est plus qu'une piqûre de rappel des
talents multicolores du grand MEV... On ne connaissait pas le sax Albert Cirera,
mais le découvrir au côté de la section rythmique la plus vibrionnante
du jazz free lusitano-hispanique, et sur de surcroît sur notre étiquette
balte préférée, est un pur délice ! Quant à Sarah Davachi,
ses synthés analogues bien lustrés vous foutent bien la tête dans un
sac, mais sans pour autant l'avachir d'un iota. Et pour en finir jusqu'à
notre prochaine édition, nos bonux aussi fondus que gouleyants
n'attendent plus que vous pour être servis très frais.
Mieux vaut jeûner avec les aigles de l'Azile que picorer des ailes de poulets devant le super bowl
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